Covid-19 : les écoles vont-elles fermer ?

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Collège, salle de classe, prof, élèves
© Eric Gaillard – Reuters

Jean Castex se refuse à utiliser cet outil. La fermeture des établissements scolaires comme moyen de lutter contre la propagation de l’épidémie de Covid-19 ne sera mise en œuvre qu’en cas de nécessité, a fait savoir le Premier ministre dans sa dernière conférence de presse, jeudi 7 janvier.

Pour lui, « il faut vraiment que la situation sanitaire soit gravissime pour fermer les écoles, car nous savons que les conséquences, y compris sanitaires, de la fermeture des écoles, sont absolument dramatiques ».

« Nous suivons tous les jours la situation des clusters dans les écoles, dans les collèges, dans les lycées, qui je le rappelle ont déjà vu leur fonctionnement allégé avant les vacances de Noël », a affirmé le chef du gouvernement. « Par rapport à ce qui se passe en Grande-Bretagne, décision a été prise, dès que nous avons eu les premières données, de renforcer la surveillance épidémiologique et les tests dans les écoles », a indiqué Jean Castex, en référence au variant britannique du coronavirus.

« Nos enfants ne sauraient être durablement privés d’instruction »

Le Premier ministre s’appuie sur l’expérience du premier confinement, marqué par une pratique massive de l’enseignement à distance. Les établissements avaient accueilli les enfants de certains professionnels considérés comme étant mobilisés dans la crise sanitaire, tels que les policiers ou les soignants. La fermeture à la plupart des élèves avait contribué à la hausse du décrochage scolaire et des violences domestiques. Elle avait produit des effets sanitaires et psychologiques négatifs. Elle avait de surcroît pénalisé l’activité économique : les parents en télétravail pouvaient être amenés à s’occuper de leurs enfants plus longuement que d’ordinaire.

« Nos enfants ne sauraient être durablement privés d’instruction, d’éducation, de contact avec le système scolaire. Trop de conséquences, trop de dégâts, en particulier pour les plus modestes », a jugé Emmanuel Macron le 28 octobre, dans son discours annonçant la mise en œuvre d’un second confinement le surlendemain.

« En tant que parents, nous souhaitons la continuité éducative », explique ce lundi à Dossier Familial Ghislaine Morvan Dubois, présidente de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) Paris et coordinatrice du comité régional de l’organisation en Île-de-France. « Le premier confinement a été dramatique pour les enfants, aucun parent ne veut le revivre, mais il faut les meilleures conditions sanitaires possibles pour éviter que les enfants contaminent les enseignants ou leur famille », dit Ghislaine Morvan Dubois. Si généralement les enfants ne développent pas des formes graves du Covid-19, ils sont susceptibles de transmettre le virus à d’autres personnes.

Un risque particulier dans les cantines

Les restaurants collectifs, dont les cantines scolaires, sont « actuellement les seuls restaurants de France ouverts », a observé auprès de 20 Minutes Michaël Rochoy, médecin généraliste et chercheur en épidémiologie. De son point de vue, il faut recourir à d’autres outils, comme « des repas en classe, ou dans des lieux séparés et non dans un même lieu commun, pour éviter les brassages entre les différentes classes ».

« Il n’y a pas de solution miracle : on pourrait envisager d’étaler les repas, mais cela empiéterait sur les cours, estime Ghislaine Morvan Dubois. Outre les repas, il y a d’autres moments où on enlève le masque, comme, pour les plus grands, le moment où des lycéens fument dehors. » 

Pour la présidente de la FCPE Paris, « les acteurs doivent se mettre ensemble pour trouver des systèmes de protection ». En attendant, Ghislaine Morvan Dubois déplore « le manque d’information et le manque d’anticipation » dans la gestion de la crise sanitaire. Selon elle, les rectorats doivent diffuser des données sur la situation sanitaire dans chaque établissement, pour assurer « une information claire et transparente », et le ministère de l’Education nationale doit prévoir des seuils précis, quelle que soit la région, justifiant de nouvelles mesures.

Un impact favorable sur l’épidémie

L’exécutif ne nie pas l’impact favorable de la fermeture des établissements scolaires sur l’épidémie. Une étude réalisée par des chercheurs helvétiques démontre les effets positifs de la mesure prise en Suisse durant environ deux mois en 2020. « Notre analyse confirme que la fermeture des écoles est une mesure qui permet de réduire la vitesse de circulation du virus par la réduction des déplacements », a indiqué à l’Agence France-Presse (AFP), Stefan Feuerriegel, professeur d’informatique et gestion à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), qui a dirigé cette étude, non relue par des pairs. « Si les écoles sont fermées, on peut espérer un grand changement dans les comportements », a précisé Stefan Feuerriegel.  « Non seulement les enfants restent à la maison, mais ça implique aussi parfois un changement pour les parents. »

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