Coronavirus : les zones d’ombre du retour à l’école

Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a expliqué mardi comment il souhaite voir les élèves reprendre le chemin des établissements. Sans lever les inquiétudes liées à la sécurité sanitaire.

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Le retour à l’école sera progressif à partir du 11 mai.
Le retour à l’école sera progressif à partir du 11 mai. © Andrey

L’annonce par Emmanuel Macron, dans son discours du 13 avril, d’une réouverture progressive des établissements scolaires à partir du 11 mai, jour du début du déconfinement de la population, avait suscité des critiques. La mesure ne risque-t-elle pas de faire rebondir l’épidémie de Covid-19 ? N’entre-t-elle pas en contradiction avec le maintien de la fermeture des cafés, hôtels, restaurants ou cinémas, jusqu’à une date indéterminée ?

Auditionné mardi 21 avril par les députés de la commission des Affaires culturelles et de l’éducation, Jean-Michel Blanquer a indiqué les modalités de mise en œuvre qu’il envisage, alors que la plupart des établissements sont fermés depuis le 13 mars au soir, certains d’entre eux continuant à accueillir les enfants de professionnels au rôle crucial durant la crise sanitaire, notamment de soignants. Mais le ministre de l’Education nationale n’a pas levé toutes les zones d’ombre qui entourent ce retour à l’école.

Une rentrée en trois étapes

Le retour à l’école va se faire par vagues.

Semaine du 11 mai

Après la pré-rentrée des enseignants ce jour, des enfants reprendront le chemin de l’école le lendemain : il s’agira des élèves de grande section, de CP et de CM2, d’après Jean-Michel Blanquer.

Semaine du 18 mai

Ce sera le moment de la reprise pour les classes de 6e, de 3e, de 1ère et de terminale et les ateliers industriels des lycées professionnels, selon le ministre de l’Education nationale.

Semaine du 25 mai

Jean-Michel Blanquer prévoit que la dernière étape intervienne cette semaine : les élèves de tous les autres niveaux seront concernés.

Des « petits groupes »

Le ministre a évoqué « un impératif catégorique » : le travail « par petits groupes ».

« Nous définirons quel est le plafond de ces petits groupes. Il sera peut-être différent pour l’école primaire et pour l’enseignement secondaire, mais ce plafond pourrait être par exemple de 15 élèves », a fait savoir Jean-Michel Blanquer.

« Il n’y aurait donc pas une seule classe qui aurait plus de 15 élèves pendant cette période, ce qui très souvent reviendra à faire un demi-groupe avec une classe existante », a précisé le ministre.

Le seuil sera aisé à respecter dans les établissements où le dédoublement des classes a été mis en œuvre, soit les CP et CE1 en réseau d’éducation prioritaire (REP) ou en réseau d’éducation prioritaire renforcée (REP+).

Une présence à l’école facultative

L’obligation scolaire va persister pour les élèves de 3 à 16 ans, mais la présence à l’école sera facultative. Vous pourrez maintenir votre enfant à domicile, mais il devra dans ce cas continuer à suivre l’enseignement à distance.

Jean-Michel Blanquer a énuméré quatre situations possibles pour un élève :

  • présence en classe ;
  • suivi d’un enseignement à distance ;
  • présence à l’étude, si la configuration de l’établissement le permet ;
  • suivi des activités à proximité de l’établissement, par exemple sportives ou culturelles.

« Il y aura des marges de manœuvre locales, pour s’organiser de la manière la plus appropriée », a expliqué le ministre.

Un « protocole sanitaire » va être établi avant la reprise. Les établissements où la protection de la santé ne sera pas garantie ne rouvriront pas.

Interrogations des syndicats

Les personnels dans les établissements seront-ils en nombre suffisant pour faire face au surcroît de travail né de cette organisation ? Les syndicats d’enseignants en doutent. 

« L’annonce du ministre d’un accueil des élèves par groupe de 15 suppose une réflexion sur les emplois du temps, l’articulation enseignement présentiel/à distance. Les enseignants ne peuvent assurer dans le même temps cours en présentiel et à distance », estime dans un communiqué le premier syndicats d’enseignants du secondaire, le SNES-FSU.

Malgré le seuil plafond, une autre interrogation touche à l’application des règles de distanciation sociale dans les salles de classe et ailleurs dans les écoles.

Dans certains établissements, « plusieurs centaines d’élèves et de personnels pourraient se côtoyer sans respect des distances recommandées », s’inquiète le syndicat Sud Education dans un communiqué.

« Le ministre n’apporte aucune information sur le matériel (masques, savon, gel hydroalcoolique) à disposition des personnels et des élèves ni rien non plus sur les tests. Il est manifeste que ces matériels ne seront pas disponibles en quantité suffisante pour cette période », craint cette organisation.

Les modalités de retour à l’école envisagées doivent encore être soumises à la consultation des syndicats, des associations de parents d’élèves et des collectivités territoriales.

df
Timour Aggiouri
Publié le

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