Baccalauréat : les évaluations communes bientôt supprimées ?

3 min de lecture

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris

Voir mes favoris

Ce contenu a bien été supprimé de vos favoris

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
© RichVintage

A peine réformé, le baccalauréat va encore évoluer. Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a présenté lundi 28 juin aux organisations syndicales des ajustements qu’il souhaite appliquer dès la session 2022 du bac général et technologique.

Sans toucher à la répartition entre les épreuves terminales (60 % de la note du bac) et le contrôle continu (40 %), le ministre veut consolider ce dernier en supprimant les évaluations communes organisées durant la Première et la Terminale, et qui concernent les enseignements de tronc commun (histoire-géographie, langues vivantes A et B, enseignement scientifique pour la voie générale, mathématiques pour la voie technologique, EPS) et la spécialité abandonnée en fin de Première. Ainsi, le contrôle continu, normalement composé pour 10 % des moyennes de l’année et pour 30 % des évaluations communes, ne serait plus basé que sur « la moyenne générale issue des moyennes annuelles des bulletins scolaires ».

L’objectif est d’inciter « chaque élève à s’impliquer toute l’année dans ses apprentissages », indique le ministère dans un communiqué, qui précise que « des repères nationaux seraient diffusés aux équipes pédagogiques afin que soit préservée l’égalité de traitement des élèves ».

Des changements de coefficients

Dans le détail, les 40 coefficients de contrôle continu seraient répartis comme suit :

  • les disciplines du tronc commune qui ne font pas d’objet d’épreuves terminales se verraient attribuer chacune un coefficient 6 (3 en première et 3 en terminale), au lieu de 5 ;
  • l’enseignement de spécialité abandonné en fin de première serait crédité d’un coefficient 8 (soit la moitié des enseignements de spécialité conservés par le candidat en classe de terminale) ;
  • et l’enseignement moral et civique, que le ministère souhaite valoriser, aurait un coefficient 2 (1 en première et 1 en terminale).

Revalorisation des options

L’autre grand changement concerne les enseignements optionnels qui seraient évalués selon les mêmes modalités dans le cadre du contrôle continu, y compris les matières artistiques et les langues régionales. Ils seraient, par ailleurs, mieux considérés. Une option suivie en première et en terminale bénéficierait d’un coefficient 4, tandis qu’une option suivie uniquement en terminale (notamment droit et grands enjeux du monde contemporain, mathématiques expertes et mathématiques complémentaires) se verrait attribuer un coefficient 2. En tout, les options ne pourraient pas excéder un total de 14 de coefficient. Par exemple, un élève pourrait suivre trois options sur les années de première et terminale, et une autre en terminale uniquement.

Ces ajustements seraient pleinement mis en œuvre pour la session 2023. Pour la prochaine, une partie seulement des modifications serait appliquée :

  • les options suivies en terminale bénéficieraient des nouvelles modalités d’évaluation (coefficient 2) ;
  • l’enseignement moral et civique suivi en terminale se verrait appliquer un coefficient 1 ;
  • et les enseignements évalués selon le contrôle terminal (philosophie et enseignements de spécialité) ne seraient pas pris en compte dans le cadre du contrôle continu.

Opposition des syndicats

Les évolutions envisagées seront « discutées et enrichies au sein des instances consultatives les 2 et 8 juillet prochain », précise le ministère. Mais elles suscitent déjà des critiques de la part des organisations syndicales. « Nos organisations ne pourront accepter un renforcement du contrôle continu, préviennent dans un communiqué commun, le SNES-FSU et le SNALC. La crise sanitaire a conduit à renforcer sa place dans le baccalauréat à titre exceptionnel. Les personnels en ont vu les conséquences tout au long de l’année : augmentation de la charge de travail, des pressions des familles sur les enseignants, dénaturation de nos métiers et augmentation des inégalités entre les élèves ». Pour les deux syndicats enseignants, un baccalauréat national, avec des épreuves terminales et anonymes, est la « seule organisation des examens gage d’égalité entre les élèves ».

A lire aussi