Donner le sein dans un lieu public : bientôt la création d’un délit d’entrave à l’allaitement ?

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© NoSystem images

En mai dernier, Maÿlis, une jeune maman, était giflée à Bordeaux par une femme pour avoir discrètement donné le sein à son petit garçon de six mois qui commençait à avoir faim, alors qu’elle patientait dans une file d’attente d’un relais colis. La publication de son témoignage suscite immédiatement une vague d’indignation et de soutien sur les réseaux sociaux. De nombreuses mères postent des photos d’elles en train d’allaiter sur Facebook, Twitter et Instagram, accompagnées du hashtag #soutienamaylis, et le 19 mai, une amie de la jeune mère agressée crée même une pétition en ligne « Soutien pour Maÿlis et son bébé », qui recueille à ce jour plus de 29 000 signatures.

Si le témoignage de la jeune femme est aujourd’hui mis en doute, il arrive régulièrement que des mères subissent des regards désapprobateurs, des remarques ou des invitations à arrêter ou à sortir parce qu’elles allaitent dans un jardin public, un café, un bus, un magasin, etc. En juillet 2018, une femme avait dû quitter la CAF d’Amiens pour avoir donné le sein à son bébé dans la salle d’attente. De même, en 2015 en Belgique, une mère avait été priée de quitter une piscine publique parce qu’elle nourrissait son fils au sein. Ces situations ne sont pas des cas isolés et traduisent un malaise d’une partie de la société. Selon une étude de 2015 de la marque d’objets de puériculture Lansinoh, 41 % des femmes en France trouvent « embarrassant » d’allaiter dans l’espace public et seulement 34 % estiment que c’est normal.

Créer un délit passible de 1 500 € d’amende

Face à ce problème, la députée du Val-d’Oise, Fiona Lazaar (ex-LREM), a déposé le 15 juin dernier à l’Assemblée nationale une proposition de loi pour créer un délit d’entrave à l’allaitement. Celle-ci ne comporte que deux articles. Le premier vient clarifier la législation en précisant noir sur blanc qu’allaiter en public n’est pas constitutif d’une exhibition sexuelle et le second crée un délit passible de 1 500 euros d’amende pour qui interdit ou tente d’interdire l’allaitement d’un enfant dans l’espace public ou dans les établissements recevant du public.

Aujourd’hui, il y a un vide juridique au sujet de l’allaitement en public qui n’est ni autorisé, ni interdit par la loi. « Or, par essence, tout ce qui n’est pas interdit, est autorisé. Malheureusement, dans les faits, on reproche aux femmes de le faire, on leur demande de sortir, ou elles se font agresser, explique la députée à 20 Minutes. Avec cette loi, le doute n’est plus permis, et on redonne aux femmes un droit qui leur est fondamental ».

Une autre députée, Bérengère Poletti (Les Républicains), a également déposé en mars dernier une proposition de loi sur le sujet. La sienne demande à sanctionner les établissements ou les personnes qui interdiraient à une femme d’allaiter.

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