Accouchement : les maisons de naissance seront-elles pérennisées ?

Les huit maisons de naissance, structures qui permettent des accouchements sans hospitalisation, offrent « un niveau de sécurité satisfaisant » pour les femmes enceintes et les bébés selon une étude.

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© fatcamera

Depuis 2016, le ministère de la Santé a autorisé, avec la Haute autorité de santé (HAS), l’ouverture de huit maisons de naissance en France à titre expérimental. Ces structures, placées sous la responsabilité exclusive de sages-femmes et contigües à un établissement de santé, accueillent les femmes enceintes dans une approche personnalisée du suivi de grossesse jusqu’à leur accouchement.

Alors que les pouvoirs publics doivent se prononcer en 2020 sur la reconduction de l’expérimentation, une étude d’un groupe de recherche indépendant menée au cours de l’année 2018 par Anne Chantry, épidémiologiste à l’Inserm, juge le « niveau de sécurité satisfaisant ».

649 femmes prises en charge en 2018

Les auteures du rapport, six spécialistes en santé publique de l’Inserm du CNRS notamment, ont passé en revue les dossiers des 649 femmes prises en charge par les maisons de naissance en 2018.

99 % des femmes accueillies respectaient les critères d’éligibilité pour y accoucher (pas de facteur de risque tels qu’une pathologie pendant la grossesse, des antécédents familiaux ou chirurgicaux, une grossesse gémellaire…). 506 y ont accouché et 143 ont été transférées et ont accouché dans les maternités partenaires, en très grande majorité pour des situations à risque de complications mais sans urgence, telles que la non-progression du travail ou pour une « prise en charge médicamenteuse de la douleur » (péridurale).

Parmi celles qui ont accouché en maison de naissance, l’étude note moins de 3 % de rupture artificielle des membranes, moins de 2 % d’épisiotomies et 90,5 % d’accouchements par voie basse spontané, 6,5 % par voie instrumentale et 3 % par césarienne. Chez les femmes transférées, il a été observé 15% de césariennes.

Par ailleurs, pour l’ensemble des femmes ayant été prises en charge dans ces structures quel que soit le lieu final d’accouchement, les complications maternelles (lésions sévères du périnée, hémorragies sévères…) tout comme celles chez les nouveau-nés ont été très peu fréquentes. Chez les enfants ayant subi des complications - dont un décès -, aucun dossier « ne présentait de facteur de risque spécifique » qui aurait justifié un transfert vers la maternité avant la naissance.

S’appuyant sur les conclusions de l’étude, le Conseil national de l’Ordre des sages-femmes demande la pérennisation de ces structures.

Des maisons de naissance existent déjà à l’étranger

Les huit maisons de naissance sont situées à Paris, Castres (Tarn), Grenoble, Bourgoin-Jallieu (Isère), Sélestat (Bas-Rhin), Nancy (Meurthe-et-Moselle), en Guadeloupe et à La Réunion. A l’étranger, ces structures existent déjà dans de nombreux pays. On en compte plus de 150 aux Etats-Unis, 169 au Royaume-Uni, une centaine en Allemagne ou encore 25 en Suisse.

df
Sarah Corbeel
Publié le

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