Vaisselle jetable végétale : gare aux substances nocives pour la santé et l’environnement

2 min de lecture

Retrouvez ce contenu dans votre compte en cliquant sur ce lien

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris

Voir mes favoris

Ce contenu a bien été supprimé de vos favoris

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
© Julia_Sudnitskaya

Avec l’interdiction progressive de la vaisselle jetable en plastique amorcée en 2020, les pailles, assiettes, gobelets et couverts en feuilles de palmier, fibres de canne à sucre ou de blé, papier ou carton ont pris place dans les rayons des supermarchés. Mais ces alternatives végétales, présentées comme « biodégradables », « eco-friendly » ou « 100 % naturel », ne seraient pas sans danger pour l’environnement et la santé, comme le montre l’UFC-Que choisir dans une étude publiée mercredi 19 mai.

L’association de consommateurs, associée à trois autres associations de consommateurs européennes, a passé au crible 57 produits - 39 articles de vaisselle et 18 modèles de pailles - à la recherche de 6 familles de contaminants. Sur ces 57 produits, 16 ont été achetés en France, les autres en Italie, Espagne ou au Danemark.

Des polluants potentiellement cancérogènes et toxiques dans 66 % des produits

Les résultats sont inquiétants. 66 % des échantillons testés contiennent des composés perfluorés au-delà des recommandations. « Alors que la norme pour l’aptitude au compostage industriel est fixée à 100 mg de substances perfluorées par kg au maximum, les assiettes en canne à sucre testées en contiennent entre 5 et 28 fois plus », déplore l’UFC-Que Choisir. Or, ces substances, utilisées pour rendre la vaisselle plus résistante à l’eau et aux graisses, sont des « polluants extrêmement persistants » qui peuvent se retrouver dans les sols et polluer l'environnement de manière prolongée.

Ces composés perfluorés représentent également un danger pour la santé puisque certains sont « cancérogènes, immunotoxiques, toxiques pour le développement et/ou perturbateurs endocriniens ».

Outre ces polluants, des dérivés chlorés, des résidus de pesticides ou encore des métaux lourds, potentiellement nocifs en cas d’ingestion, ont été retrouvés dans de nombreux produits testés.

Des bénéfices pour l’environnement à démontrer

Par ailleurs, la vertu environnementale de la vaisselle végétale, largement mise en avant par les fabricants sur les emballages, reste à démontrer. La présence de composés perfluorés rendent leur compostage nocif pour l’environnement. Quant au recyclage, s’il est possible pour les produits en papier ou en carton, « il n’en est pas de même pour la vaisselle en feuilles de palmier, bambou ou canne à sucre, dès lors que les produits sont traités avec un liant hydrophobe (pour assurer qu’ils ne se détrempent pas au contact des aliments) », explique l’UFC-Que Choisir. Enfin, « l’origine fort lointaine de certaines matières premières (feuilles de palmier, canne à sucre) alourdit le bilan carbone » des produits.

Afin de garantir la sécurité des consommateurs et de leur environnement, l’association de consommateurs demande aux autorités européennes de définir « une liste précise des matériaux et additifs pouvant être utilisés sans danger comme substituts aux plastiques pour la vaisselle jetable » et de « renforcer le contrôle des allégations environnementales », notamment celles relatives au compostage.

A lire aussi