Que va contenir le décret anti-pesticides ?

Le texte doit fixer une distance minimale entre les épandages de produits phytopharmaceutiques et les habitations.
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Un décret à venir doit mieux encadrer les épandages de pesticides.
Un décret à venir doit mieux encadrer les épandages de pesticides par les agriculteurs. © image2roman

La justice a remis en cause l’arrêté pris par Daniel Cueff, maire de Langouët, limitant l’usage de produits phytopharmaceutiques pour protéger la santé des habitants de cette commune d’Ille-et-Vilaine. À la demande de la préfète du département, le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a suspendu ce texte le 27 août, qui interdit les épandages « à une distance inférieure à 150 mètres de toute parcelle cadastrale comprenant un bâtiment à usage d’habitation ou professionnel », un plancher réduit à 100 mètres dans certains cas.

Daniel Cueff a fait appel de cette décision. Au total, selon un décompte qu’il a transmis fin août à l’Agence France-Presse, plus d’« une trentaine » de maires ont pris des arrêtés anti-pesticides.

Emmanuel Macron avait apporté un soutien à l’élu, « dans ses intentions ». « Il y a des lois, elle [la préfète] doit les faire respecter, donc je serai toujours derrière les préfets qui font respecter les lois », avait certes affirmé le président de la République à Konbini. Mais le chef de l’Etat avait indiqué au site vouloir « aller vers un encadrement des zones d’épandage des pesticides ».

Un débat au sein du gouvernement

D’après Europe 1, le sujet de la distance minimale des bâtiments d’habitation ou à usage professionnel par rapport aux épandages de pesticides fait débat entre les cabinets des ministres Elisabeth Borne (Transition écologique et solidaire) et Didier Guillaume (Agriculture).

L’Elysée et Matignon « exigent » d’être informés de « chaque étape des discussions », rapporte la station de radio.

« On va prendre le sujet, le traiter nationalement, pas forcément à 150 mètres partout », a expliqué le 29 août au micro d’Europe 1 Emmanuelle Wargon, secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire.

Didier Guillaume a lui vu une « folie » dans la volonté d’instaurer d’une distance minimale de 150 mètres. « Les agriculteurs ne seraient plus à même de fournir notre autonomie alimentaire, et nous serions obligés d’acheter de l’alimentation venant d’ailleurs », a estimé le 4 septembre le ministre de l’Agriculture sur Europe 1.

df
Timour Aggiouri
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