Pourquoi Emmanuel Macron échange-t-il avec la Convention citoyenne pour le climat ?

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Barbara Pompili, Emmanuel Macron
© Laurent Cipriani – Pool New – Reuters

Le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, doit discuter lundi 14 décembre à 17 heures avec les membres de la Convention citoyenne pour le climat, qui craignent une mise en œuvre édulcorée, voire un abandon de certaines de leurs propositions, au travers du projet de loi que prépare le ministère de la Transition écologique et qui doit être débattu au Parlement à partir du premier trimestre 2021.

Le président de la République va tenter d’apaiser les inquiétudes des membres de la Convention citoyenne, qui pourront échanger avec lui au Conseil économique, social et environnemental (Cese) ou par visio-conférence. Il sera accompagné de plusieurs ministres, dont Barbara Pompili (Transition écologique), Julien Denormandie (Agriculture et alimentation), Emmanuelle Wargon (délégué chargé du Logement) ou Jean-Baptiste Djebbari (délégué chargé des Transports).

La grave récession due à la pandémie de Covid-19 et la concentration de l’exécutif sur la gestion de la crise sanitaire alimentent les craintes des membres ainsi que celles du cinéaste Cyril Dion, l’un des garants de la Convention.

« Je ne crois pas au modèle amish »

Emmanuel Macron a lui-même manifesté du dédain pour les travaux de la Convention. Le 15 septembre, devant des entrepreneurs réunis à l’Elysée, le chef de l’Etat a critiqué les défenseurs de l’environnement qui veulent « relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile ». « Je ne crois pas au modèle amish et je ne crois pas que le modèle amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine », a-t-il ironisé. « La France va prendre le tournant de la 5G parce que c’est le tournant de l’innovation », a affirmé le président de la République. Les membres de la Convention préconisent dans leur rapport « un moratoire sur la mise en place de la 5G en attendant les résultats de l’évaluation » de cette technologie « sur la santé et le climat ».

« J’ai 150 citoyens, je les respecte, comme des parlementaires, mais je vais pas dire parce que ces 150 citoyens ont écrit un truc, c’est la Bible, ou le Coran, ou que sais-je ? », a-t-il enfin lancé le 4 décembre dans un entretien au site Brut, où il a abordé, parmi d’autres sujets, celui de la laïcité.

Selon l’Agence France-Presse (AFP), la semaine dernière, le gouvernement a organisé des réunions pour présenter ses orientations à des membres de la Convention citoyenne et à des députés. « Beaucoup de nos mesures sont présentes, mais un peu rabotées, c’est mi-figue, mi-raisin. On a pas mal de questions à lui [Emmanuel Macron] poser », a expliqué à l’AFP Grégoire Fraty, co-président de l’association Les 150, qui rassemble la majorité des participants.

« Trois jokers »

Le 29 juin dernier, dans un discours à l’Elysée, le président de la République avait indiqué accepter 146 des 149 propositions sur lesquelles les membres de la Convention citoyenne pour le climat avaient trouvé un accord. Il avait écarté « trois jokers », la création d’un nouveau mécanisme de taxation des dividendes distribués par les sociétés, l’abaissement de la limitation de vitesse sur les autoroutes de 130 à 110 km/heure ainsi que la réécriture du Préambule de la Constitution. À cette occasion, le chef de l’Etat avait évoqué la possibilité de consulter le peuple sur des propositions émises par les 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat.

« La sortie de la Convention citoyenne pour le climat, c’est un quitte ou double pour l’exécutif, analysait auprès du Monde, en novembre 2019, le député Matthieu Orphelin (ancien La République en marche, LREM), proche de l’ancien ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot. L’élu voyait dans l’opération « un test majeur pour évaluer le regain d’ambition écologique du gouvernement, qui n’a pas encore assez concrétisé sa volonté de mettre l’environnement au cœur de l’acte II du quinquennat ».

Emmanuel Macron avait annoncé la mise sur pied de ce groupe dans sa conférence de presse du 25 avril 2019, donnée à la sortie du grand débat national, organisé en réaction au mouvement des « gilets jaunes », qui protestaient notamment contre la hausse de la taxation du carburant.

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