Pollution : Greenpeace dénonce l’impact des SUV sur le climat

L’association écologiste met en cause les SUV, dont les ventes ne cessent d’augmenter. Trop gros et trop lourds, ces 4x4 urbains font grimper les émissions de gaz à effet de serre de la filière.
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© Jos_Temprano

Ils envahissent les rues. En dix ans, les ventes des véhicules tout-terrain de loisir ont été multipliées par plus de quatre, passant de 8 % en 2008 à 32 % en 2018 en Europe. Aux Etats-Unis, les SUV représentent 69 % des parts de marché. Un phénomène qui est une véritable plaie pour le climat, selon un rapport publié mardi 10 septembre de l’association écologiste Greenpeace, qui a passé au crible l’impact carbone de 12 grandes marques mondiales d’automobile (Volkswagen, Renault-Nissan, Toyota, General Motors, Hyundai-Kia, Ford General Motors, Fiat-Chrysler-Automobiles, Honda, PSA, Suzuki, Daimler, BMW).

Un dixième des émissions annuelles mondiales de gaz à effet de serre

L’ONG affirme que ces véhicules, « plus lourds et moins aérodynamiques » que la moyenne, « enregistrent des émissions de CO2 largement plus élevées que celles des autres voitures ». Résultats, leurs ventes empêchent l’industrie automobile de réduire son empreinte carbone, estimée en 2018 à 4,8 gigatonnes d’équivalent CO2, soit 9 % des émissions annuelles mondiales de gaz à effet de serre. « Au total, les 12 constructeurs étudiés étaient responsables de 4,3 gigatonnes d’équivalent CO2 ».

Les plus gros constructeurs sont responsables à eux seuls de 55 % de l’empreinte carbone totale de la filière en 2018 : Volkswagen arrive en tête des émissions (582 millions de tonnes), suivi par RenaultNissan (557), Toyota (562), General Motors (530) et Hyundai-Kia (401).

Empreinte carbone des constructeurs automobiles en 2018 © Greenpeace

Les voitures hybrides ne sont pas une solution pérenne

Pour Greenpeace, « les constructeurs automobiles sont en train de manquer le coche de la transition et n’investissent pas suffisamment dans les solutions ». Les évolutions en termes d’émissions moyennes de CO2 des voitures neuves vendues aux Etats-Unis, dans l’Union européenne, en Chine, au Japon et en Corée du Sud (qui représentent plus de 70 % du marché mondial) « piétinent, voire régressent ». De même, les voitures hybrides et hybrides rechargeables « ne constituent pas des solutions pérennes ». Au contraire, ils freinent le déploiement rapide d’alternatives réelles.

Abandonner les voitures à essence et diesel

L’association appelle les constructeurs à un changement radical. « Ils doivent abandonner d’urgence les moteurs à combustion interne diesel/essence », y compris hybrides, et « prendre des mesures pour sortir de la logique qui consiste à produire toujours plus de voitures ». Au lieu de promouvoir l’achat et l’utilisation personnels des voitures, ils doivent au contraire inciter les automobilistes à privilégier l’autopartage et le covoiturage.

df
Sarah Corbeel
Publié le