Prix des carburants : Jean Castex doit annoncer la solution choisie par le gouvernement

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Station-service Total, voitures, Paris
À Paris, le 16 octobre. - © Magali Cohen/Hans Lucas via Reuters Connect

L’augmentation des prix est visible sur les panneaux des stations des carburants. Le chef du gouvernement, Jean Castex, doit annoncer jeudi 21 octobre des mesures pour diminuer l’impact de cette tendance sur le pouvoir d’achat.

À moins de six mois du premier tour de l’élection présidentielle, la hausse des prix des carburants constitue un risque politique pour l’exécutif. Ce dernier se targue d’avoir limité les conséquences de la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19 sur l’emploi et le pouvoir d’achat, notamment en permettant un recours massif à l’activité partielle (ancien chômage partiel) et en instaurant un Fonds de solidarité. Fin 2018, devant le mouvement des « gilets jaunes », conformément à la volonté gouvernementale, le Parlement avait voté un gel de la hausse de la taxation des carburants.

La semaine dernière, les prix moyens du diesel et du Super SP 95 – E10 ont atteint respectivement 1,5583 € et 1,6287 € le litre, selon des données publiées lundi par le ministère de la Transition écologique sur Ecologie.gouv.fr. Sans moyen juridique de diminuer les prix à la pompe hors taxes, l’exécutif a étudié deux pistes pour limiter l’impact de la hausse sur le pouvoir d’achat.

Un chèque carburant pour les foyers les plus modestes

Plusieurs membres du gouvernement souhaitent la mise en place d’un chèque carburant.

« La mesure fiscale n’est pas celle qui est privilégiée par le ministère de l’Economie, parce qu’elle coûte très cher en concernant beaucoup de monde, et l’idée c’est d’avoir un dispositif qui soit le plus ciblé possible sur les gens qui utilisent au quotidien leur voiture, notamment pour le travail », a expliqué jeudi sur LCI le secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, Clément Beaune.

La veille, le ministre de l’Economie, des finances et de la relance, Bruno Le Maire, avait estimé sur BFMTV et BFM Business qu’un tel chèque était « la solution à la fois la plus juste et la plus efficace du point de vue environnemental ».

Il s’était affirmé lundi sur Europe 1 « davantage favorable à un dispositif comme le chèque carburant plutôt qu’à une baisse de la fiscalité ».

Selon lui, diminuer la taxation de 1 centime « représente un demi-milliard d’euros, donc c’est très coûteux pour un résultat que les Français ne verront pas ».

« On veut que les Français les plus impactés par cette augmentation du prix du carburant puissent être accompagnés et être aidés dans ce moment [...] de hausse des prix qui risque de durer plusieurs mois », avait expliqué le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, au micro de RTL. Pour Gabriel Attal, « l’idéal, c’est évidemment d’avoir une aide directe qui est ciblée sur les personnes qui en ont besoin ».

Mais, interrogé sur l’éventualité qu’un chèque constitue « une usine à gaz », le porte-parole du gouvernement avait répondu que « c’est précisément ce qu’on est en train de regarder ». « Ce qui compte pour nous [...], c’est de prendre une décision et d’avoir une mesure qui est simple, qui est juste et qui est efficace », avait-il souligné.

D’après Gabriel Attal, « faire trop de critères » peut aboutir à créer « un dispositif qui est très complexe », excluant « des personnes qui devraient être concernées et qui ne le sont pas pour X raisons, c’est ce qu’on a vu dans certains territoires qui avaient mis en place des dispositifs ».

Le porte-parole avait ainsi fait référence à une aide au transport dont peuvent bénéficier les personnes résidant dans les Hauts-de-France. Les salariés habitant à plus de 20 kilomètres de leur lieu de travail et devant utiliser leur véhicule pour s’y rendre, ont droit à une prime de 20 €, indique le site du conseil régional, que préside Xavier Bertrand, candidat à l’investiture du parti Les Républicains (LR) pour l’élection présidentielle. Les salariés qui souhaitent obtenir cette subvention doivent percevoir une rémunération nette inférieure ou égale à deux fois le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic), hors treizième mois et primes. Ce dispositif est en vigueur depuis 2016, selon l’Agence France-Presse (AFP).

La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, avait mis en avant lundi le risque d’un mauvais ciblage d’un éventuel chèque carburant national.

« On n’a pas aujourd’hui, comme pour le chèque énergie, une base de données de toutes les personnes qui pourraient en avoir besoin. On n’a pas une base de données des gens qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler, par exemple », avait rappelé sur France 2 Barbara Pompili.

« La piste, c’est plutôt ça [le chèque carburant]. Après, sous quelle forme ? Je ne sais pas encore, parce qu’on essaye de trouver le moyen qui nous permet de toucher les bonnes personnes », avait encore indiqué la ministre de la Transition écologique.

Une baisse de la fiscalité pesant sur les carburants

Egalement envisagée, un allègement de la taxation présente l’avantage de la simplicité. Mais la mesure, si elle venait à être prise, est susceptible de bénéficier à un grand nombre de personnes, quel que soit le niveau de leurs revenus et l’usage de leur véhicule.

Alors que l’exécutif s’affiche comme défenseur de l’environnement, une baisse de la fiscalité peut être considérée comme une incitation à utiliser un véhicule. Les taxes constituent autour de 60 % des prix à la pompe.

En vidéo : 10 conseils pour économiser du carburant

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