Le Parlement européen vote l’interdiction de vente des véhicules thermiques neufs

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À Montaigu-Vendée, le 9 juin. - Mathieu Thomasset/Hans Lucas via Reuters Connect

Le Parlement européen souhaite une interdiction des voitures et camionnettes thermiques à compter de 2035. Ses membres ont marqué mercredi 8 juin leur accord avec la proposition de la Commission de Bruxelles concernant une telle mesure dans l’Union européenne (UE), au travers d’un vote favorable de 339 députés (249 contre et 24 abstentions), a fait savoir le Parlement dans un communiqué.

Le 11 mai, la commission de l’Environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire de l’institution avait adopté un rapport favorable à la fin de la vente des véhicules thermiques. Ce document soutenait « la proposition de la Commission » de Bruxelles « d’atteindre la mobilité routière zéro-émission d’ici 2035 ».

Comme le rappelle le Parlement européen, la Commission avait, le 14 juillet 2021, présenté « une proposition » de règlement « relative à la révision des normes de performance des émissions de CO2 pour les voitures particulières et les véhicules utilitaires légers ».

Trois objectifs

La Commission défend les objectifs suivants, détaillés sur son site le 14 juillet 2021 :

  • une baisse de 55 % des émissions de gaz à effet de serre des voitures d’ici à 2030 ;
  • une diminution de 50 % des émissions des véhicules utilitaires légers cette année ;
  • un objectif de zéro émission des voitures neuves à horizon 2035.

Les véhicules émetteurs de gaz à effet de serre recouvrent ceux roulant à l’essence ou au diesel ainsi que les hybrides et les hybrides rechargeables. Les véhicules n’émettant pas de gaz à effet de serre durant leur circulation sont notamment ceux fonctionnant à l’électricité et à l’hydrogène. La fabrication, le rechargement et le recyclage des véhicules électriques sont cependant sources de pollutions importantes.

La mesure d’interdiction ne doit pas toucher pas la circulation des véhicules thermiques. Les ventes d’occasion de ces derniers seront toujours autorisées.

Selon Le Monde, la proposition de règlement doit figurer à l’agenda du Conseil des ministres de l’Environnement de l’UE, prévu le 28 juin, avant d’être examinée au cours de réunions tripartites associant la Commission européenne, les députés européens et le Conseil. Un texte définitif ne pourra pas être adopté avant « l’automne ».

« Un grand saut dans le vide », dénonce le lobby de la filière

Le président de la Plate-forme automobile (PFA), lobby de la filière en France, Luc Chatel a désapprouvé jeudi sur BFM Business le vote du Parlement européen. « L’interdiction du thermique, c’est un grand saut dans le vide et c’est un sabordage industriel » qui va bénéficier aux constructeurs chinois, a jugé Luc Chatel, tout en qualifiant « le virage vers l’électrique » de « nécessité ».

L’ancien ministre explique craindre la faiblesse de la demande de véhicules électriques. « Une voiture électrique, ça vaut 50 % plus cher qu’une voiture thermique », remarque-t-il. Selon lui, le déclenchement de « la guerre en Ukraine » par la Russie, le 24 février, a induit une « augmentation des coûts sur un véhicule électrique de 26 %, qui n’est pas encore répercutée ».

« On a 60 000 bornes de recharge aujourd’hui. Pour la montée en puissance prévue d’ici 2030, avant l’interdiction totale, il en faudrait environ 1 million en France », estime Luc Chatel.

Le président de la PFA affiche enfin ses doutes au sujet de la possibilité pour la France de disposer de « l’électricité décarbonée » nécessaire et de « l’impact environnemental » provoqué par la mesure envisagée.

Un tel réquisitoire s’adresse au gouvernement. Pour le lobby, l’Etat doit contribuer financièrement à la transformation de la filière automobile.

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