Jardinage : vous pouvez acheter des semences paysannes

La loi autorise désormais la vente de semences paysannes, non inscrites au catalogue officiel, aux jardiniers amateurs.

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© RomoloTavani

C’est désormais officiel. La loi du 10 juin 2020 sur la transparence de l’information sur les produits agricoles et alimentaires autorise la vente des semences paysannes aux jardiniers amateurs. Cette possibilité avait été votée dans la loi pour la reconquête de la biodiversité de 2016 mais le Conseil constitutionnel l’avait ensuite censurée du fait qu'elle n'autorisait que les seules associations à procéder à la vente.

C’est « un grand pas pour la biodiversité », s’est félicité Barbara Pompili, présidente LREM de la commission du développement durable de l’Assemblée nationale.

Un premier pas pour les jardiniers en herbe

Les semences paysannes, dites encore traditionnelles, anciennes ou de pays, sont celles qu’un agriculteur prélève directement dans sa récolte afin de les replanter. Jusqu’à présent, seules les semences d’une variété inscrite au Catalogue officiel français des espèces et variétés de plantes cultivées pouvaient être commercialisées. Or, ce registre, géré par le Groupe national interprofessionnel des semences et plants (Gnis), qui représente les semenciers, est contraignant.

Pour y être répertoriées, les graines doivent passer une série de tests destinés à vérifier leur adéquation aux normes de distinction, d’homogénéité (les plants d’une même variété doivent être identiques) et de stabilité (la variété doit rester stable génétiquement). Et l’inscription d’une nouvelle semence peut coûter cher. Le prix va de 590 € pour les variétés anciennes à 14 500 € pour celles récentes, selon le Gnis. Résultat, les quelque 9 000 variétés pour 190 espèces qui y sont actuellement inscrites appartiennent majoritairement aux multinationales Bayer, Monsanto, Limagrain, Pioneer et Syngenta.

Demain, une production de masse avec les semences paysannes ?

Avec la nouvelle loi, les agriculteurs vont donc pouvoir vendre leurs semences traditionnelles non inscrites au catalogue officiel. Mais uniquement aux jardiniers amateurs. Dans les faits, cela se pratiquait déjà. En revanche, le Réseau semences paysannes note que la vente de plants maraîchers de variétés non inscrites au catalogue officiel reste interdite.

Pour la députée Barbara Pompili (LREM), la prochaine étape sera de rendre le commerce de semences paysannes en agriculture conventionnelle légal.

df
Sarah Corbeel
Publié le

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