Eau : un plan pour mieux protéger la ressource

Moduler la tarification de l’eau en fonction de sa consommation, réutiliser davantage les eaux usées… Le gouvernement a présenté une série de mesures pour mieux protéger les ressources du pays en eau.
3mn de lecture
Les mesures issues des Assises de l'eau.
© PeopleImages

Après sept mois de consultations réunissant experts, agriculteurs et associations, le second volet des Assises de l’eau consacré notamment à l’adaptation des territoires au dérèglement climatique vient de s’achever. Le ministre de la Transition écologique et solidaire François de Rugy et la Secrétaire d’Etat Emmanuelle Wargon ont dévoilé, lundi 1er juillet, les 23 mesures qui en ont émergées.

L’une des priorités est de parvenir à mieux gérer les ressources du pays en eau, appelées à se raréfier dans les décennies à venir. En raison de la hausse des températures, de la baisse des précipitations en été et de la diminution de l’enneigement, les débits moyens de cours d’eau pourraient être réduits de 10 % à 40 % d’ici un demi-siècle, selon une étude gouvernementale parue en 2013. Pour économiser l’eau, le ministère souhaite réduire la consommation de 10 % d’ici à 2025 et de 25 % en 15 ans. Tous les usages sont concernés : domestiques, agricoles et industriels.

> A LIRE : Journée mondiale de l’eau : les bons gestes pour maîtriser sa consommation d’eau

Pénaliser les gros consommateurs d’eau

Pour inciter les particuliers à consommer moins d’eau, les collectivités pourront mettre en place des tarifications variables en fonction de la consommation et des saisons. L’idée est de pénaliser les gros consommateurs comme ceux ayant une piscine ou lavant leurs voitures chez eux. A l’inverse, une tarification sociale de l’eau pourrait être mise en place pour les ménages les plus modestes. Les collectivités pourront également mettre en place des mesures pour sensibiliser les usagers à une meilleure maîtrise de l’eau, comme des référentiels et des outils de comparaison des consommations d’eau.

Autre piste envisagée : tripler d’ici 2025 les volumes d’eaux non conventionnelles (eaux usées traitées, eaux de pluie, eaux d’exhaure et eaux domestiques dites grises) réutilisées pour les usages ne nécessitant pas d’eau potable, comme l’arrosage des espaces verts. Cette pratique est encore peu développée en France comparée à certains pays d’Europe tel l’Italie.

Garantir une eau de qualité à la source

L’autre priorité est de protéger les captages d’eau potable – dispositifs de prélèvement à partir d’une nappe d’eau souterraine, d’un cours d’eau, d’un lac naturel ou d’un réservoir de barrage – pour garantir une eau de qualité à la source. Pour cela, le gouvernement compte élargir le champ des compétences des collectivités locales afin qu’elles puissent plus facilement intervenir sur les aires de captages. De même, elles disposeront à l’avenir d’un droit de préemption sur les terres agricoles situées dans les zones de captage. Enfin, le ministère veut que les 1 000 captages d’eau potable prioritaires disposent d’un plan d’actions d’ici fin 2021.

Préserver les milieux humides

Les dernières mesures concernent la préservation des écosystèmes aquatiques : rivières, fleuves, plans d’eau, milieux humides, estuaires, milieux littoraux, eaux souterraines. Au cours du 20e siècle, 67 % des zones humides ont disparu, dont la moitié entre 1960 et 1990. Or, les écosystèmes aquatiques « jouent un rôle majeur dans la régulation du climat puisqu’ils permettent de retenir l’eau, nous protégeant ainsi des crues et des sécheresses », explique le ministère. Il est ainsi prévu de restaurer 25 000 km de cours d’eau d’ici 2022, de doubler la superficie des aires protégées contenant des milieux humides d’ici 2030 et de soutenir les pratiques agricoles qui contribuent à la préservation de ces milieux.

A LIRE AUSSI :

- Facture d’eau : le fournisseur doit alerter l’abonné en cas de consommation anormale

- Contester sa facture d’eau

df
Sarah Corbeel
Publié le