Coronavirus : pourquoi des avions volent-ils sans passager à bord ?

Alors que l’épidémie de coronavirus a ralenti le trafic aérien mondial, plusieurs compagnies aériennes font voler des avions à vide pour conserver leurs créneaux horaires. La Commission européenne va assouplir la législation pour mettre fin aux « avions fantômes ».

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris dans votre compte

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
2mn de lecture
© Martin Chavez

Cela représente des milliers de tonnes de kérosène gaspillés et des tonnes de CO2 émis dans l’atmosphère. Depuis plusieurs jours, des compagnies aériennes effectuent des vols même si elles n’ont pas de passagers. La raison ? Ne pas perdre les créneaux horaires de décollage et d’atterrissage dans les aéroports.

L’article 10 du règlement CEE 95/93 du Conseil du 18 janvier 1993 stipule en effet que les compagnies aériennes doivent maintenir 80 % de leurs vols pour conserver leurs créneaux horaires de décollage et d’atterrissage, appelés aussi slots. Sinon, elles perdent leurs droits la saison suivante et leurs créneaux sont attribués à des compagnies concurrentes. C’est la règle du « utilisé ou perdu ».

La Commission européenne va assouplir la législation

Face à cette situation, l’association européenne des gestionnaires de ces créneaux (EUACA) a demandé à la Commission européenne d’instaurer un moratoire sur les règles d’utilisation le temps de l’épidémie de coronavirus. Elle propose de l’appliquer pour une période comprise entre la mi-février/début mars et jusqu’à la fin du mois de juin avec une possibilité de le prolonger si l’épidémie devait se poursuivre. Cet appel intervient après celui de l’Association internationale du transport aérien (Iata). L’association, qui regroupe 290 compagnies aériennes dans le monde, a demandé le 2 mars que « les règles d’utilisation des créneaux soient immédiatement suspendues pour toute la saison 2020 en raison de l’impact du Covid-19 ». Auparavant, l’Union européenne avait déjà assoupli la législation lors de l’épidémie de Sras en 2003 ou après les attentats du 11-Septembre.

La présidence de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé mardi 10 mars la suspension « à titre temporaire » de la règle des 80/20. Les compagnies aérienne vont pouvoir conserver leurs créneaux horaires même si, en raison du coronavirus, leurs vols sont annulés.

Depuis le début de l’épidémie de coronavirus, le secteur aérien est fortement touché. L’Iata a estimé les pertes de chiffre d’affaires à 63 milliards de dollars si la propagation du virus est contenue mais à 113 milliards de dollars s’il continue à se répandre. Ces chiffres ne concernent que le transport de passagers, pas le fret.

df
Sarah Corbeel
Publié le

Partager cet article :