Comment fonctionneraient les avions à hydrogène  ?

Le souhait du gouvernement de voir fabriqués en masse des avions non polluants se heurte à diverses contraintes techniques.

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Avion
L’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, le 26 mai. © Charles Platiau – Reuters

« La production de ce gaz est facile, et c’est celui qui a donné les meilleurs résultats dans les expériences aérostatiques », affirmait le narrateur de Cinq semaines en ballon (1863) au sujet de l’hydrogène. L’avion a pris le pas sur le ballon dans le transport aérien, et, plus d’un siècle et demi après la publication par Jules Verne de ce célèbre roman d’aventures, l’exécutif espère une production massive d’avions de ligne à hydrogène.

Le plan aéronautique présenté mardi 9 juin par cinq membres du gouvernement d’Edouard Philippe a notamment pour objectif de préparer « le successeur » de l’Airbus 320, « l’appareil commercial le plus vendu au monde, selon deux directions d’effort complémentaires : l’ultrasobriété énergétique (gain de 30 % de consommation de carburant et capacité de 100 % de biocarburants) et le passage à l’hydrogène comme énergie primaire », explique le dossier de présentation du dispositif.

« Cet appareil, qui pourrait entrer en service entre 2033 et 2035, avec un premier démonstrateur entre 2026 et 2028, définira les nouveaux standards mondiaux d’avions de ligne sur le plan environnemental », précise le document.

« Des espaces de stockage »

Mais diverses contraintes techniques se dressent sur le chemin de l’industriel européen Airbus, premier constructeur aéronautique mondial, et de ses sous-traitants, dont de nombreuses entreprises françaises. « Il faudrait des espaces de stockage quatre fois supérieurs à ce qu’ils sont dans l’avion » pour stocker du kérosène, a estimé auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Jérôme Bouchard, expert en aréonautique à la société de conseil Oliver Wyman.

L’hydrogène est susceptible d’être utilisé soit comme carburant d’un moteur modifié, soit pour alimenter une pile à combustible produisant de l’électricité qui ferait marcher un moteur électrique, a indiqué Jérôme Bouchard à l’AFP.

L’électricité nécessaire pour fabriquer de l’hydrogène devra être issue de « sources vertes », défend l’expert. Sinon, la neutralité carbone espérée par le gouvernement ne sera pas atteinte.

Mais « la production d’hydrogène vert n’est pas encore une réalité. Une transformation des systèmes énergétiques et du contexte technico-économique seront nécessaires pour y parvenir », souligne sur son site l’organisme IFP Energies nouvelles.

La filière aéronautique française va s’appuyer sur « 1,5 Md€ d’aides publiques » visant à soutenir la recherche & développement « pour les futurs avions décarbonés », selon le gouvernement. Le plan, préparé avec le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas), représente au total « plus de 15 Md€ d’aides, d’investissements et de garanties ».

Le secteur, fortement exportateur, est contraint à des changements sous l’effet de la chute du trafic aérien provoquée par la crise sanitaire. Il fait face de surcroît au mouvement de lutte contre l’usage de l’avion, porté par la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg.

df
Timour Aggiouri
Publié le

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