En quoi consiste la « fiche S » de renseignement ?

L’auteur de la fusillade perpétrée mardi à Strasbourg est « fiché S », pour « sûreté de l’État ».

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Des membres des forces de sécurité à Strasbourg, mardi soir après la fusillade.
Des membres des forces de sécurité à Strasbourg, mardi soir après la fusillade. Des membres des forces de sécurité à Strasbourg, mardi soir après la fusillade.

L’auteur de la fusillade mardi 11 décembre à Strasbourg, qui a tué 3 personnes et en a blessé 13 autres selon un bilan provisoire, est « fiché S », affirment les autorités. Qu’est-ce que cela signifie ?

La police dispose de fichiers destinés à faciliter les recherches. Le plus vieux de tous, c’est le fichier des personnes recherchées (FPR). Il a été créé en 1969 et rassemble quelque 620 000 fiches actives, indiquait le 15 novembre dernier la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil).

Tenu par le ministère de l’Intérieur, il compte 21 sous-sections regroupés en fonction du « fondement juridique de la recherche ». Le fichier « S », pour « sûreté de l’État » est une sous-catégorie de ce répertoire. Il existe la sous-catégorie « V » pour les évadés, « M » pour les mineurs fugueurs, « IT » pour les interdits de territoire...

25 000 personnes fichées S

Les fiches S recensent les individus suspectés d’appartenir à des groupes pouvant porter atteinte à la sûreté de l’État. Il peut s’agir de personnes qui fréquentent des mosquées salafistes, qui ont voyagé dans des pays comme l’Irak ou la Syrie mais aussi des activistes d’extrême droite ou d’extrême gauche, par exemple.

Différents types de fiches S existent, de S1 à S17. « Ces chiffres ne correspondent pas à des niveaux de dangerosité, explique le site officiel Stop-djihadisme.gouv.fr. Ils renvoient à des types de profils, au genre d’informations à recueillir et aux actions à entreprendre lors d’un contrôle par les forces de l’ordre. »

En tout, il y a 25 000 personnes avec une fiche S, faisait savoir en novembre 2017 le ministère de l’Intérieur.

L’identité de la personne recherchée, son signalement et éventuellement sa photographie, le motif de la recherche et la conduite à tenir en cas de découverte figurent sur la fiche, prévoit un décret du 28 mai 2010 (à consulter ici).

À quoi sert la fiche S ?

La fiche S est un moyen de surveillance. Les individus « fichés S » ne sont pas suivis en permanence même si certains peuvent faire l’objet d’écoutes et de filature.

La fiche vise notamment à retracer des déplacements. L’« objectif général » est de « faciliter les recherches effectuées par les services de police et de gendarmerie (à la demande des autorités judiciaires, militaires ou administratives), sur le territoire français ou au niveau européen (dans le cadre du Système d’information Schengen) », souligne Stop-djihadisme.gouv.fr.

Comment sont créées les fiches S ?

Les nouvelles entrées sont généralement réalisées par la Direction générale de la sûreté intérieure (DGSI), « mais elles peuvent aussi être émises à la suite d’informations issues d’autres pays », ajoute le site. Au bout d’un an, la fiche peut être effacée ou, « si la poursuite de la surveillance paraît nécessaire », renouvelée.

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