Vive le télétravail… mais avec des conditions

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© Black Lollipop / iStock

Un an après sa première enquête sur le travail sous l’épidémie, la branche des ingénieurs, cadres et techniciens CGT publie, ce lundi 6 septembre, une vaste enquête sur le « Télétravail, un an après » à laquelle plus de 15 000 salariés ont répondu. Il en ressort que 98 % des répondants souhaitent continuer à télétravailler, mais plutôt autour d’un mi-temps. Seuls 14 % souhaitent continuer à travailler à temps plein.

Les avantages du télétravail

Les salariés y voient un gain de temps sur les transports quotidiens, mais aussi un gain en autonomie sur le contenu et sur l’organisation du temps de travail. Enfin, certains y trouvent un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. 

Un temps de travail en forte augmentation

En parallèle du temps gagné sur les transports, la majorité des répondants estime que le temps et la charge de travail ont augmenté, et que le nombre des pauses et leurs durées ont diminué. 47 % des répondants estiment qu’avec le télétravail, on attend plus d’eux et que leurs objectifs ont été augmentés. Néanmoins, ils se sentent moins fatigués, plus libres, moins contraints.

Un impératif : le droit à la déconnexion

Mais les frontières entre la vie professionnelle et la vie personnelle restent floues : 2/3 des personnes interrogées déclarent recevoir des sollicitations durant leurs périodes de congés, dont 10 % tout le temps ! Selon la CGT, 60 % des employeurs n’ont pas mis en place de dispositif pour garantir le droit à la déconnexion, 55 % n’ont pas défini les plages horaires durant lesquelles les salariés en télétravail sont joignables, et 75 % n’évaluent ni la charge de travail ni le temps de travail des salariés en télétravail.

Santé : de nombreux signaux d’alerte

L’équipement, qui reste souvent à la charge des salariés (or informatique, payé à 90 % par l’employeur), n’est pas toujours adapté : seuls 10 % disposent d’équipements de travail ergonomiques et 33 % n’ont pas d’endroit pour télétravailler au calme. Résultat, 39 % disent ressentir des douleurs physiques inhabituelles (Troubles musculosquelettiques, maux de tête, douleurs oculaires…).

C’est également en terme de santé mentale que le télétravail pose problème : ainsi, en 2021, deux personnes sur trois se plaignent de ressentir de l’isolement, et d’un lien rompu entre les équipes et avec les supérieurs. Ces derniers, d’ailleurs, ne peuvent plus voir les signaux faibles de mal-être de leurs équipes, et ne peuvent donc plus jouer leur rôle de prévention.

La nécessité d’un encadrement du télétravail

Pour la CGT, il y a urgence à mettre en place des régulations collectives pour prévenir les risques sur la santé, empêcher le délitement du collectif de travail et garantir le respect du droit. Elle souligne que le télétravail n’est pas un privilège octroyé aux salariés, qui justifierait de s’exonérer des règlementations fondamentales associées au contrat de travail. Au contraire, elle estime que le télétravail doit être un levier d’amélioration de la qualité de vie au travail et liste des propositions : négociation d’un accord télétravail, règle du volontariat, garantie du droit à la déconnexion, décompte du temps de travail et d’évaluation de la charge de travail etc.

 

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