Un nouveau confinement risque de provoquer des pertes d’emploi massives

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Récession
© roman023

Les dirigeants patronaux redoutaient l’instauration d’un nouveau confinement, la menace se précise. Emmanuel Macron s'est finalement résolu à annoncer un nouveau confinement, dans un discours prononcé mercredi 28 octobre à 20 heures.

L’exécutif sait que le renforcement des interdictions de déplacement va produire de nouvelles répercussions économiques et sociales, après celles engendrées par le confinement mis en place entre le 17 mars et le 10 mai inclus, puis par le couvre-feu instauré dans une partie de la France le 17 octobre et étendu le 23 octobre.

Le gouvernement n’a pour l’heure pas révisé ses prévisions d’évolution du produit intérieur brut (PIB) pour 2020 (- 10 %) et pour 2021 (+ 8 %), sur lesquelles il se fonde pour établir son projet de loi de finances (PLF). Mais le choc du second confinement risque d’être rude pour les entreprises, les salariés et les finances publiques.

Entreprises en difficulté et suppressions d’emploi

Un nouveau confinement va accroître les difficultés de nombreuses entreprises et engendrer des suppressions d’emploi massives, malgré le maintien de l’éligibilité à l’activité partielle (ancien chômage partiel) et d’autres mesures de soutien à l’économie (prêts garantis par l’Etat, plan de relance, etc.).

L’ampleur de ces pertes est cependant difficile à mesurer. « Les contrats courts qui prendront fin dans la restauration et le commerce ne seront pas renouvelés durant la période », observe auprès de Dossier Familial, Bruno Ducoudré, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

« Dans l’industrie et la construction, les sites de production et les chantiers sont susceptibles de souffrir du confinement, soit parce que les salariés ne pourront plus se rendre s’y rendre, soit en raison des contraintes administratives, soit parce que les chaînes de production ne suivront plus, poursuit Bruno Ducoudré. L’intérim risque de chuter, comme durant le dernier confinement. »

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Mais les suppressions d’emploi ne vont pas induire, durant le confinement, une hausse du chômage tel que calculé par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). « Le chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) désigne les personnes sans emploi disponibles pour occuper un emploi, explique encore le chercheur. Durant le confinement, le chômage a baissé car le nombre de personnes sans emploi et disponibles pour en chercher un diminuait. »

À l’inverse, le nombre de personnes inscrites à Pôle emploi et classées par l’organisme comme sans aucune activité (catégorie A) risque de bondir.

Des capacités d’endettement encore fortes

Les difficultés des entreprises et les suppressions d’emploi vont amoindrir les recettes tirées des impôts et des cotisations sociales. Les caisses de l’Etat, de la Sécurité sociale et de l’Unédic, l’organisme qui gère l’assurance-chômage, vont être pénalisées.

Le déficit public doit atteindre 10,2 % du PIB en 2020, avant de redescendre à 6,7 % l’année prochaine, mais ces estimations inscrites dans le PLF sont susceptibles d’être modifiées en raison du nouveau choc.

Aucun risque de défaut n’est à craindre dans les mois à venir. Les capacités d’endettement du pays restent fortes. La signature de la France est appréciée sur les marchés financiers. Les taux d’intérêt exigés par les investisseurs tournent autour de zéro. La lutte contre la crise sanitaire et le soutien à l’économie peuvent être financés à crédit.

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