Télétravail : une pratique encore minoritaire, même chez les cadres

Seuls 3 % des salariés ont pratiqué le télétravail au moins un jour par semaine en 2017. Parmi eux, 60,6 % sont des cadres, d’après une étude de la direction des statistiques du ministère du Travail.
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Le télétravail régulier est une pratique encore peu répandue, selon une enquête de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) publiée mardi 4 novembre et portant sur l’année 2017.

Seuls 3 % des salariés ont pratiqué le télétravail au moins un jour par semaine et 4 % de manière occasionnelle. Au total, le télétravail concerne 1,8 million de salariés, secteurs public et privé confondus. Les télétravailleurs sont majoritairement des cadres (60,6 %) et sont plus nombreux dans les métiers de l’informatique et de la télécommunication. En 2017, 11 % des cadres travaillaient depuis chez eux au moins une fois par semaine et 15,1 % quelques jours ou demi-journées par mois.

Ce mode d’organisation du travail est pratiqué par des salariés bien insérés dans l’emploi et est plus répandu chez les salariés âgés de 30 à 49 ans que parmi leurs aînés (50 ans ou plus) ou les moins de 30 ans, même parmi les cadres.

Si les femmes télétravaillent presque autant que les hommes, la situation familiale joue sur le recours à ce mode d’organisation du travail. 14,3 % des cadres en couple avec au moins un enfant de moins de trois ans et 23 % des cadres appartenant à une famille monoparentale le pratiquent au moins un jour par semaine.

Un moyen de limiter les longs déplacements entre domicile et travail

Le recours au télétravail s’accroît avec la distance du domicile au lieu de travail. En 2017, 9 % des salariés résidant à plus de 50 km de leur travail télétravaillent, contre seulement 1,8 % de ceux travaillant à moins de 5 km de leur domicile. Le télétravail régulier est plus fréquent en Ile-de-France et dans les zones urbaines denses, où les temps de trajets domicile-travail sont plus longs. 

Mais une durée de travail plus importante

Si les télétravailleurs bénéficient d’un cadre de travail plus souple et de temps de trajets réduits, ils n’en tirent pas forcément une meilleure conciliation avec leur vie personnelle, ayant tendance à pratiquer des horaires plus longs et atypiques (travail après 20 heures, le samedi). Ainsi, les cadres qui pratiquent le télétravail deux jours ou plus par semaine travaillent en moyenne 43 heures, contre 42,4 heures pour les non-télétravailleurs. Et ils déclarent deux fois plus souvent travailler plus de 50 heures par semaine.

Si les cadres télétravailleurs intensifs se disent « moins souvent aidés » que les autres « par leur hiérarchie et leurs collègues », la convivialité des relations « ne semble pas affectée ». En revanche, les télétravailleurs réguliers sont en moins bonne santé que le reste des cadres. Ils sont deux fois plus nombreux à présenter un risque dépressif modéré ou sévère.

df
Sarah Corbeel
Publié le