Télétravail : travailler chez soi peut coûter plus de 100 euros par mois

Electricité, chauffage, eau, repas… Les frais supplémentaires engendrés par le télétravail varient de 13 à 174 € par mois, selon une étude du cabinet ConvictionsRH. Des coûts qui peuvent être pris en charge en partie par l’employeur.

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© RomoloTavani

« Télétravailler partout où c’est possible est un impératif » pour limiter la circulation du Covid-19, a insisté le Premier ministre, Jean Castex, le 4 février dernier. Mais travailler chez soi entraîne des frais mensuels supplémentaires d’électricité, de chauffage ou d’eau et des frais d’équipement. Un surcoût qui peut dépasser 100 € par mois, selon une étude du cabinet de conseils en ressources humaines ConvictionsRH dévoilée par Le Parisien.

Ce cabinet s’est intéressé à trois types de frais pour 20 jours de télétravail par mois : les frais courants (l’électricité, le chauffage, l’eau, les repas), les fournitures (stylos, cahiers, papiers) et le mobilier et matériel informatique (siège, casque, imprimante). Il n’a pas pris en compte les dépenses liées au loyer, au Wi-Fi ou au téléphone puisque de nombreux salariés ont un forfait illimité qui n’engendre pas de frais supplémentaire. De même, les frais de repas n’ont pas été comptabilisés quand le salarié dispose de tickets-restaurants, qui sont maintenus en période de  télétravail.

Jusqu’à 174 € de frais supplémentaires par mois

Résultat, le surcoût en frais courants peut varier de 13 € par mois (pour une habitation de 50 mètres carrés chauffée au gaz sans compter les repas) à 174 € par mois (pour 200 mètres carrés chauffés à l’électrique et en comptant les frais de repas). Le chauffage représente un poste de dépenses important puisque certains salariés ont l’habitude de le baisser avant de partir travailler. A raison de 8 heures par jour pendant 20 jours, la note peut vite grimper et s’élever jusqu’à 48 € pour un 150 m2 chauffé à l’électrique.

Parmi les principales sources de dépenses, l’étude a relevé l’électricité (8 heures par jour), les chasses d’eau des WC (quatre fois par jour), le café (0,43 € la capsule), les stylos (2,55 € les 10), les cartouches d’imprimante (34,99 €), les feuilles de papier (6,45 € la ramette). D’autres dépenses concernant le matériel peuvent parfois s’ajouter comme l’achat d’un deuxième écran d’ordinateur (109,99 €), un siège (39,99 €) ou un bureau (79,95 €).

Malgré ces frais supplémentaires, certains salariés peuvent être gagnants grâce aux économies réalisées sur les transports (maintien du remboursement de la carte transport à 50 % ou 100 %, essence) et les repas.

Quelle prise en charge des frais par les entreprises ?

Mais qu’en est-il de leur remboursement par l’employeur ?  « La règle est claire : le télétravail ne doit pas représenter un coût pour le salarié », a rappelé mardi 8 février, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, au micro de Sud Radio. Mais dans les faits, la loi reste floue sur le sujet. L’accord national interprofessionnel (Ani) sur le télétravail signé par le patronat et les syndicats le 26 novembre dernier prévoit que l’entreprise « prenne en charge les dépenses qui sont engagées par le salarié pour les besoins de son activité professionnelle et dans l’intérêt de l’employeur ». Mais l’accord renvoie la question des modalités de prise en charge (forfait mensuel, remboursement sur justificatifs, etc.) au dialogue social au sein de l’entreprise ou aux accords de branche.

Selon les règles des Unions de recouvrement des cotisations de Sécurité sociale et d’allocations familiales (Urssaf), l’employeur peut rembourser les frais supportés par le salarié en télétravail sous la forme d’une allocation forfaitaire exonérée de cotisations et contributions sociales dans la limite globale de 10 € par mois pour une journée de télétravail par semaine, 20 € par mois pour deux journées par semaine, 30 € par mois pour trois jours par semaine, 40 € par mois pour quatre jours par semaine et 50 € par mois pour cinq jours par semaine. Un salarié en télétravail du lundi au vendredi peut ainsi bénéficier d’une allocation forfaitaire mensuelle de 50 € sans présentation de justificatifs.

« Lorsque le montant versé par l’employeur dépasse ces limites, l’exonération de charges sociales pourra être admise à condition de justifier de la réalité des dépenses professionnelles supportées par le salarié », précise l’Urssaf sur son site internet.

Enfin, si l’allocation forfaitaire est prévue par la convention collective de branche, l’accord professionnel ou interprofessionnel ou un accord de groupe, « elle est réputée utilisée conformément à son objet et exonérée de cotisations et contributions sociales dans la limite des montants prévus par accord collectif, dès lors que l’allocation est attribuée en fonction du nombre de jours effectivement télétravaillés ». L’entreprise peut donc prévoir une allocation forfaitaire plus élevée.

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