Salaire, pension de retraite… Les inégalités femmes-hommes persistent en France

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© Fokusiert

Les femmes ont beau être meilleures à l’école et plus diplômées que les hommes, elles sont toujours moins bien payées et plus nombreuses à travailler à temps partiel, d’après l’édition 2022 du dossier « Femmes et hommes, l’égalité en question » de l’Insee publiée jeudi 3 mars. Cinq ans après la précédente, l’Institut statistique fait le point sur les inégalités entre les deux sexes des premiers âges de la vie jusqu’à la retraite. Si la situation progresse, « la décrue des inégalités reste lente ».

« Depuis le début du XXe siècle et plus particulièrement aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, la France a mis en œuvre une succession de dispositions juridiques qui tendent à favoriser l’égalité entre femmes et hommes, rappelle l’Institut. Toutefois, profondément ancrées dans les normes sociales, les inégalités de genre en matière d’éducation, de travail ou de partage du travail domestique ne se réduisent que lentement dans les faits ».

Davantage diplômées que les hommes

Les différences commencent dès l’école. Les filles ont de meilleurs résultats scolaires que les garçons. En 2020, l’écart de réussite au brevet des collèges était de 6 points en faveur des filles. Idem pour le baccalauréat. « En 2019, dans une génération, 85 % des filles deviennent bachelières, contre 74 % des garçons », rapporte l’Insee. Mais dans le même temps, dès le collège, leur motivation pour les études et leur sentiment d’efficacité diminuent, notamment en mathématiques. A résultats pourtant comparables, elles sous-estimeraient leurs capacités dans ce domaine, ce qui restreindrait leur choix d’orientation vers les filières scientifiques.

Résultat, elles s’orientent plutôt vers des carrières dans le domaine médico-social ou médical et les sciences humaines, tandis que les garçons se tournent davantage vers les études scientifiques.

43 % des cadres sont des femmes

Conséquence de leur parcours scolaire, les femmes sont plus diplômées que les hommes. En 2020, 43 % des femmes âgées de 25 à 34 ans sont diplômées du supérieur, contre 46 % de leurs homologues masculins. Leur niveau d’études ayant progressé, leur part parmi les cadres a augmenté. En 2020, elles représentaient 43 % des cadres, contre 21 % en 1982. Malgré ces progrès, l’emploi des femmes se concentre dans certains secteurs d’activité et certains métiers, notamment de services et du soin, souvent moins rémunérateurs.

Un écart de salaire de 22,3 % en moyenne

Si l’écart de revenu salarial moyen entre femmes et hommes s’est réduit de 5,1 points entre 1995 et 2019, il était toujours élevé et atteignait 22,3 % (28 % en 2000). Un peu moins d’un tiers de ce fossé s’explique par des différences de durée de travail et plus des deux tiers par le fait que « les deux sexes n’occupent pas les mêmes emplois et ne travaillent pas dans les mêmes secteurs d’activités ». En équivalents temps plein, les femmes salariées ont ainsi un salaire annuel moyen net inférieur de 16,1 % à celui des hommes. Parmi les cadres, elles perçoivent en moyenne 19,1 % de moins que les hommes, alors que l’écart est de 8,7 % pour les employés.

Toutefois, « une fois prises en compte ces différences de caractéristiques, il reste une partie non expliquée », relève l’Insee. Ainsi, dans le secteur privé, pour une même profession au sein d’une entreprise, les femmes étaient en moyenne payées 5,3 % de moins que leurs collègues masculins en 2017.

Trois fois plus de temps partiel chez les femmes

Si le taux d’activités des femmes a augmenté régulièrement depuis le milieu des années 1970, passant de 53 à 68 % (celui des hommes a baissé de 84 à 75 %), l’arrivée des enfants « continue d’affecter davantage l’activité des mères que celles des pères ». Elles sont toujours plus nombreuses à interrompre leur activité ou à réduire leur temps de travail. « En 2020, celles qui travaillent sont trois fois plus souvent à temps partiel que les hommes : c’est le cas pour 27 % d’entre elles, contre 8 % de ces derniers », indique le rapport. Un choix qui a bien évidemment un impact sur la rémunération. « Cinq ans après l’arrivée d’un enfant, les mères salariées du privé ont des revenus salariaux inférieurs d’environ 25 % par rapport à ce qui se serait produit sans cette naissance, alors que les pères ne sont pas affectés », souligne l’Insee.

Une retraite inférieure de 39 % en moyenne

Ces inégalités de carrière et de rémunération s’en ressentent une fois à la retraite. D’abord, les femmes partent à la retraite en moyenne un an plus tard que les hommes, et leurs pensions sont inférieures. Parmi les retraités âgés de 65 ans ou plus, leurs pensions de droit direct (c’est-à-dire associées à leur carrière) restaient inférieures de 39 % en moyenne en 2019 (981 € nets par mois contre 1 600 €). Les pensions de réversion – qui représentent 23 % du montant moyen brut de la retraite totale des femmes, contre 1 % pour les hommes – contribuent à diminuer l’écart à 24 % (1 272 € nets par mois, contre 1 674 €).

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