Salaire des cadres : l’écart entre les femmes et les hommes s’aggrave

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© hyejin kang

L’écart de rémunération entre les femmes et les hommes cadres ne se réduit pas, au contraire. Il s’est creusé jusqu’à 15 % l’an dernier, après avoir baissé à 13 % en 2019, selon une étude* de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) publiée mercredi 22 septembre. En 2020, le salaire médian des femmes cadres s’élevait à 46 000 € brut par an (salaire fixe + variable), contre 53 000 € brut pour les hommes.

« Depuis 2009, cet écart oscille entre 13 et 19 %, sans tendance à la baisse ou à la hausse », explique l’Apec. Et la crise de 2020 n’a pas eu, à cet égard, d’impact. Mais pourquoi ne diminue-t-il pas, malgré les dispositifs mis en place pour y remédier ? Les écarts de rémunération s’expliquent en partie par « les différences de fonction et d’emploi occupés, de secteur d’activité, d’expérience professionnelle, d’ancienneté dans l’entreprise et de responsabilités hiérarchiques », avance l’association.

Les femmes cadres sont, en effet, en moyenne plus jeunes que leurs homologues masculins : 44 % ont moins de 40 ans, contre 37 % des hommes cadres. Or, le nombre d’années d’expérience est un « facteur déterminant de la rémunération ». Elles sont également sur-représentées dans des secteurs moins rémunérateurs, comme la santé et le social, moins nombreuses à occuper des postes de managers (34 %, contre 42 % des hommes cadres) et plus nombreuses à travailler à temps partiel (8 %, versus 1 % des hommes cadres).

Un écart salarial de 8 % à profil et poste équivalents

Mais ces différences d’emploi n’expliquent pas tout puisqu’à profil et poste équivalents, les hommes cadres gagnent 8 % de plus que leurs homologues féminins. Et là encore, cet écart est stable depuis que l’Apec le mesure (2014). Aussi, d’autres facteurs plus subjectifs, comme la situation familiale et la parentalité, contribuent aux différences de traitement. « 78 % des femmes cadres (et 54 % des hommes cadres) considèrent ainsi qu’une femme qui a des enfants est freinée dans son évolution professionnelle, alors qu’elles ne sont que 2 % à considérer que c’est le cas pour un homme qui a des enfants », indique l’étude.

© Apec

Les femmes cadres ont moins confiance en leur avenir professionnel

Au-delà de la rémunération, la crise a accentué les inégalités dans l’articulation vie professionnelle – vie privée. Entre 55 et 63 % des femmes cadres ont télétravaillé trois à cinq jours par semaine pendant la pandémie, contre 52 à 58 % des hommes cadres. Une organisation du travail qui été souvent plus difficile pour les femmes, notamment en raison de la vie familiale.

Or, « les contraintes subies par les femmes cadres pendant la crise pourraient avoir des conséquences durables sur leurs trajectoires professionnelles », prévient l’Apec qui observe une détérioration de leur confiance en leur avenir professionnel. Elles sont, en effet, seulement 61 % à se dire confiantes, contre 71 % des hommes. Un écart qui est au plus haut depuis cinq ans.

* L’étude s’appuie sur une enquête annuelle menée auprès de 13 800 cadres du secteur privés clients de l’Apec en mars 2021.

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