Saisonnier, extra ou intérimaire : vous pouvez obtenir une aide allant jusqu’à 900 €

Le gouvernement a annoncé, dans sa conférence de presse de jeudi, cette mesure conçue pour soutenir les travailleurs de secteurs dont l’activité a chuté en raison de la crise sanitaire.

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Aide
© sam thomas

C’est un soutien aux chômeurs qui travaillent d’ordinaire comme saisonniers, extras ou intérimaires. Le gouvernement de Jean Castex a annoncé jeudi 26 novembre, dans sa conférence de presse à Matignon, la création d’une aide qui leur est spécifiquement destinée.

« Un certain nombre de demandeurs d’emploi étaient soit travailleurs saisonniers, soit avaient un contrat d’extra, soit encore étaient intérimaires », souligne-t-on au ministère du Travail, qui a détaillé le même jour auprès de plusieurs médias, dont Dossier Familial, les contours du dispositif.

Les personnes qui doivent bénéficier de la mesure alternaient périodes de travail et chômage, mais n’ont pas pu recharger leurs droits à une indemnisation en 2020. Car en raison de la pandémie de Covid-19, l’activité a chuté dans de nombreux domaines de l’économie. « Ces travailleurs précaires sont souvent employés dans des secteurs mis entre parenthèses pendant la crise sanitaire, comme l’événementiel et l’hôtellerie-restauration, mais pas seulement », poursuit-on de même source. Dans certains cas, remarque-t-on rue de Grenelle, ces personnes disposent d’« une expertise particulière et avaient un haut niveau de revenus », salaires et allocations d’aide au retour à l’emploi (ARE) cumulés, jusqu’à la crise.

Les conditions à remplir pour obtenir l’aide

Pour être éligible au dispositif, vous devrez avoir travaillé au moins 60 % des jours de l’année 2019, explique-t-on au ministère du Travail.

En outre, vous devrez « avoir travaillé beaucoup en 2019 sous forme d’accumulation de contrats courts et ne plus avoir un certain niveau de revenus en 2020 », précise-t-on de même source.

Jusqu’à 900 € par mois

L’aide pourra atteindre jusqu’à 900 € net par mois, ce qui doit permettre de garantir un revenu plancher de ce montant.

Si vous exercez à nouveau une activité professionnelle, « le salaire sera pris en compte à hauteur de 40 % », indique-t-on au ministère du Travail, qui vante un dispositif favorable à la reprise d’emploi.

Exemple

Si vous retrouvez un emploi et percevez un salaire de 1 000 €, vous aurez droit à une aide de : 900 € – (40 % x 1 000 €) = 500 €

Le premier versement, en décembre, couvrira novembre et décembre. Vos éventuels revenus du mois de novembre seront pris en compte. L’aide vous sera ensuite versée mensuellement.

Vous n’aurez aucune démarche à accomplir pour l’obtenir. Pôle emploi vous versera la somme due, de façon automatique.

« Personne ne sera laissé au bord de la route »

Combien de chômeurs vont bénéficier de cette mesure ? Au ministère du Travail, on cite prudemment une « évaluation autour de 350 000 » personnes, tout en évoquant « des incertitudes ».

« C’est difficile d’évaluer précisément le nombre de personnes éligibles à cette mesure », admet-on, affirmant que l’enveloppe allouée à la réforme n’est pas plafonnée. « Personne ne sera laissé au bord de la route », promet-on.

Une aide ponctuelle

Le ministère du Travail insiste sur le caractère ponctuel du dispositif, en espérant une reprise rapide de l’activité à la sortie de la crise sanitaire. « C’est un dispositif temporaire, le temps que les personnes dont on parle pourront retrouver leur modèle d’activité traditionnel », veut-on croire rue de Grenelle. « Beaucoup ont choisi ces modèles d’activité. C’est bien souvent des choix de vie très forts », observe-t-on au ministère. 

Un point sur une éventuelle reconduction du dispositif est prévu « en février ». « Tant que ces secteurs sont entre parenthèses, on donnera un appui financier », promet-on.

Certaines règles du dispositif restent encore à définir.

« C’est une aumône qui ne remplace pas une allocation-chômage », juge la CGT

Plusieurs syndicats sont critiques concernant l’aide, voyant dans l’épuisement des droits à indemnisation une conséquence de la mise en œuvre d’une partie de la réforme de l’assurance-chômage. « C’est une aumône qui ne remplace pas une allocation-chômage », a déploré jeudi Denis Gravouil, négociateur à la Confédération générale du travail (CGT), dans une conférence de presse à distance suivie par Dossier Familial.

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