Quotas d’immigration économique : qu’est-ce que cela signifie ?

L’exécutif affirme vouloir répondre aux difficultés de recrutement des entreprises dans certains secteurs.
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Edouard Philippe lors du comité interministériel sur l’immigration et l’intégration, mercredi à Matignon.
Edouard Philippe lors du comité interministériel sur l’immigration et l’intégration, mercredi à Matignon. © Dominique Faget – Pool New – Reuters

Le chef du gouvernement, Edouard Philippe, a annoncé, mercredi 6 novembre à Matignon, à l’issue d’un comité interministériel sur l’immigration et l’intégration, la mise en place de quotas, parmi 20 mesures. L’immigration économique devra correspondre aux besoins des entreprises en salariés. « Il n’y aura pas de quota par nationalité, le but est économique, de compléter notre main-d’œuvre », a expliqué la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, citée par l’Agence France-Presse.

L’exécutif affiche sa volonté de réformer les procédures de délivrance des autorisations de travail, tout en expliquant que cette immigration ne représente qu’« une part minoritaire » des installations régulières de personnes sur le territoire (33 502 titres de séjour en 2018, soit 13 % du total des titres de séjour).

Pour lui, « les critères administratifs sont périmés : par exemple, l’appréciation, avant de délivrer une autorisation de travail, de la situation locale de l’emploi, repose sur une ‘‘liste des métiers en tension’’ pour laquelle l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime que 15 % seulement des métiers inscrits sont véritablement en tension », indique le dossier de présentation des 20 mesures.

Dans le cadre de la réforme, « un outil statistique permettra de définir, chaque année, secteur par secteur, et de manière territorialisée, une évaluation quantitative et qualitative des besoins de compétences », précise le document. 

Un débat annuel au Parlement

Des quotas seront définis à partir de ce dispositif et feront l’objet d’un débat annuel au Parlement, à partir de 2020.

L’exécutif fait valoir qu’une entreprise sur deux affirme subir « des difficultés de recrutement », telles que « dans certains bassins d’emploi […], des entreprises renoncent à des marchés, faute de trouver les candidats correspondant aux postes vacants ». Il évoque à titre d’exemple les métiers de géomètre et de carrossier automobile.

df
Timour Aggiouri
Publié le