Plan jeunes : les mesures de Jean Castex

Le Premier ministre a détaillé jeudi une série de mesures, face au risque d’envolée du chômage et de la précarité.

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Jeunes
Le plan « 1 jeune 1 solution » comporte des mesures en faveur de l’emploi et de la formation. © serts

Le gouvernement de Jean Castex met en œuvre un plan à destination des jeunes. Le Premier ministre a détaillé, jeudi 23 juillet à Besançon (Doubs), différentes mesures pour éviter une envolée du chômage et de la précarité chez les jeunes, après un déplacement du président de la République, Emmanuel Macron à Chambord (Loir-et-Cher), la veille sur ce thème. L’exécutif avait déjà annoncé certaines d’entre elles.

« On va mettre en place des moyens inédits car nous savons qu’en temps de crise, ce sont ceux qui morflent le plus », a expliqué le chef du gouvernement, cité par l’agence de presse Reuters. Voici les principales mesures figurant dans ce plan, intitulé « 1 jeune 1 solution », pour lequel l’exécutif compte affecter 6,5 Md€.

Compensation de cotisations sociales pour le recrutement d’un jeune

Les entreprises qui embauchent entre août 2020 et janvier 2021 une personne de moins de 26 ans auront droit à une compensation de charges sociales. Mais attention, seuls sont visés les CDI et les CDD de plus de 3 mois dont la rémunération ne dépasse pas le double du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic), soit 3 078,84 €.

L’Agence de services et de paiement (ASP) versera cette aide, d’un montant forfaitaire de 4 000 € par an. L'aide est versée par tranche trimestrielle au prorata du temps de travail et de la durée du contrat.

Le gouvernement attend de cette mesure un impact de 450 000 contrats signés.

Soutien à l’alternance

Une aide est mise en place pour le recrutement d’un jeune en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation. Le montant de la prime atteint 5 000 € si la recrue a moins de 18 ans, 8 000 € si cette dernière est majeure.

Le contrat doit être signé entre le 1er juillet 2020 et le 28 février 2021. Des conditions distinctes s’appliquent pour les contrats d’apprentissage ou de professionnalisation.

Apprentissage

Le diplôme ou le titre préparé est impérativement de niveau master ou inférieur.

Pour être éligibles à l’aide, les entreprises employant plus de 250 salariés ne doivent pas être redevables de la contribution supplémentaire à l’apprentissage (CSA).

Professionnalisation

Le diplôme ou le titre doit être de niveau licence professionnelle ou inférieur.

Pour être éligibles à l’aide, les entreprises employant plus de 250 salariés doivent atteindre un seuil défini de contrats favorisant l’insertion professionnelle (apprentissage, professionnalisation, etc.).

Selon le gouvernement, la prime s’appliquera à 230 000 contrats d’apprentissage et 100 000 contrats de professionnalisation en 2020.

Parcours emploi compétences

Le gouvernement souhaite une progression des signatures des parcours emplois compétences (PEC), des contrats de travail aidés spécifiques au secteur public et aux associations.

L’objectif de ces CDI ou de ces CDD, d’une durée hebdomadaire de 20 heures ou plus, est l’inclusion des jeunes dans l’emploi.

La rémunération minimale des PEC est le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) horaire, soit 10,15 € brut.

En plus de 20 000 PEC déjà programmés, 60 000 autres doivent être mis en œuvre en 2021.

Contrats initiative emploi

Le gouvernement veut également inciter à la signature des contrats initiative emploi (CIE), spécifiques eux au secteur marchand. Ces CDD de plus de 6 mois ou ces CDI aidés sont destinés à favoriser l’embauche des personnes sans emploi rencontrant des difficultés particulières d’insertion professionnelle ou sociale.

L’employeur bénéficie d’une aide, susceptible de représenter jusqu’à 47 % du Smic brut par heure travaillée, dans la limite de 35 heures par semaine. L’entreprise peut recevoir jusqu’à 8 682 € pour un salarié recruté pour un an à temps plein.

D’après le gouvernement, 10 000 « CIE jeunes » doivent être signés en 2020, puis 50 000 l’année prochaine.

Formations pour les jeunes sans qualification

Le gouvernement compte faire en sorte que soient proposées 100 000 nouvelles formations aux jeunes sans qualification ou en échec dans l’enseignement supérieur.

Ces formations seront concentrées dans des filières jugées stratégiques et d’avenir :

  • métiers de la transition écologique ;
  • métiers du numérique ;
  • secteur du soin et de la santé ;
  • secteurs prioritaires du futur plan de relance, comme le tourisme, l’industrie ou l’agriculture.

Accompagnement vers l’emploi

Des Garanties jeunes doivent être davantage proposées. Ce dispositif combine une expérience professionnelle, des conseils, des ateliers collectifs et le versement d’une allocation pendant 12 mois, d’un montant maximal de 497 €. Doivent être ouvertes 50 000 places supplémentaires en Garantie jeunes l’année prochaine, en plus des 100 000 initialement programmées.

Le nombre de parcours d’accompagnement contractualisé vers l’emploi et l’autonomie (PACEA) doit augmenter. Le gouvernement souhaite 80 000 usages supplémentaires en 2021, s’ajoutant aux 340 000 déjà programmés.

Ce parcours, proposé dans les missions locales aux jeunes de 16 à 25 ans révolus, est constitué de diverses phases successives, comme la formation ou la mise en situation professionnelle. Le jeune a la possibilité de percevoir un soutien financier ponctuel.

Enfin, l’accompagnement intensif jeunes (AIJ) de Pôle emploi va monter en puissance (70 000 en 2020 à 140 000 l’année prochaine). Ce dispositif se caractérise par des entretiens et des contacts fréquents entre le jeune chômeur et un conseiller de l’organisme.

Service civique

Le nombre de jeunes en service civique doit augmenter : 100 000 missions supplémentaires seront ouvertes en 2020, s’ajoutant aux plus de 140 000 déjà programmées, pour une durée moyenne de 8 mois.

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