Quel bilan pour Emmanuel Macron en matière d’emploi ?

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Le taux d’emploi se situe à un sommet record. - Bim

Candidat à sa succession lors de l’élection présidentielle des 10 et 24 avril, Emmanuel Macron se félicite des données positives concernant l’emploi. Dans une étude parue jeudi 17 mars sur son site, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) tire « un premier bilan de l’évolution du marché du travail et des principales politiques de l’emploi menées au cours du quinquennat qui s’achève », donnant partiellement raison au satisfecit du chef de l’Etat.

Durant le mandat écoulé, « la situation du marché du travail en France semble s’être […] améliorée », en dépit de nombreux obstacles, que rappellent les quatre auteurs : mouvement des « gilets jaunes », grèves et manifestations massives contre la réforme des retraites, crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19 qui a donné lieu en 2020 à la pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale et, enfin, guerre en Ukraine depuis le 24 février dernier.

Un taux de chômage jamais atteint « en près de 15 ans »

« Quelle que soit la mesure, le chômage a baissé au cours du quinquennat », constate l’OFCE, un centre de recherche rattaché à Sciences Po et classé à gauche.

« [L]e taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) a retrouvé, près de quinze après, son niveau observé avant la ‘‘Grande récession’’ de 2008 », notent les économistes.

Le taux de chômage désigne « le pourcentage de chômeurs dans la population active », laquelle comprend à la fois les personnes occupant un emploi et celles qui recherchent un travail, rappelle sur son site l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

« Initiée au milieu de l’année 2015, la baisse du taux de chômage s’est poursuivie pendant le quinquennat », à hauteur « de 3,1 points » depuis le début du mandat en cours, « dont 0,8 depuis le début de la crise sanitaire », poursuit l’OFCE. « Le nombre de chômeurs au sens du BIT s’élève fin 2021 à 2,2 millions, soit 611 000 de moins qu’au début du mandat du président et 213 000 (de moins) par rapport au niveau d’avant la crise » sanitaire.

La diminution du taux de chômage « se retrouve dans les données de Pôle emploi ». Par exemple, le nombre de demandeurs d’emploi classés dans la catégorie A, c’est-à-dire sans activité, a reculé de 387 000 entre mi-2017 et fin 2021, pour atteindre 3,1 millions au quatrième trimestre de l’année dernière.

Un taux d’emploi à un niveau record depuis 1975

Indicateur moins connu que le taux de chômage, le taux d’emploi, soit le « [r]apport entre le nombre de personnes en emploi et le nombre total de personnes », suivant la définition de l’Institut national de la statistique et des études économiques, se situe à un sommet record. « Fin 2021, le taux d’emploi des 15-64 ans a augmenté de 2,2 points sur cinq ans pour atteindre ainsi 67,8 %, son plus haut niveau jamais observé depuis que l’Enquête emploi menée par l’Insee existe », soit depuis 1975, souligne l’OFCE.

S’agissant des jeunes de moins de 24 ans, le taux d’emploi se trouve à un sommet jamais atteint en près de vingt ans. « Le taux d’emploi des jeunes est à son plus haut depuis 2003 », à 33,8 %, indiquent les auteurs, qui lient sa progression durant le quinquennat « aux mesures prises concernant l’apprentissage ».

L’amélioration de l’emploi n’est pas « une spécificité française »

L’amélioration de l’emploi ne constitue pas « une spécificité française ». L’OFCE la constate également en Allemagne, en Espagne, en Italie et au Royaume-Uni ainsi qu’aux Etats-Unis.

Mais parmi tous les pays étudiés, « seules l’Espagne et la France ont vu leur population active à continuer d’augmenter depuis 2017 et pendant la crise. Toutes deux ont créé suffisamment d’emplois pour absorber cette hausse et engendrer une baisse de leur taux de chômage au cours de ces deux périodes », ajoute l’OFCE.

Le risque d’une « croissance à venir moins riche en emplois »

Le rythme des créations de postes risque de ralentir. La crise sanitaire n’a pas détruit autant d’emplois que le laissait craindre le plongeon de l’économie. « À la suite des mesures prophylactiques prises au deuxième trimestre 2020 [confinement, par exemple], la productivité par tête de travail a fortement chuté du fait d’un arrêt de l’activité qui ne s’est pas traduit par des destructions d’emplois de même ampleur. En effet, au cours de ce trimestre la valeur ajoutée a chuté de 18 % alors que l’emploi salarié n’a baissé que de 3 % », écrivent les auteurs. Principal facteur de cette divergence, l’activité partielle (ancien chômage partiel) a permis de sauvegarder des centaines de milliers de postes. 

Mais le soutien à l’emploi présente un revers : il a affecté « la productivité par tête de travail ». Aussi, l’OFCE juge « très probable que dans un futur proche, les entreprises tentent de regagner une partie des pertes observées de productivité, rendant alors la croissance à venir moins riche en emplois ».

La croissance du produit intérieur brut (PIB) est elle-même pénalisée par la guerre menée en Ukraine par la Russie depuis le 24 février et les conséquences économiques de ce conflit.

Qui est chômeur au sens du Bureau international du travail ?

Selon l’Insee, est chômeur au sens du BIT une personne de 15 ans ou plus :

  • sans emploi durant une semaine donnée ;
  • disponible pour travailler dans les deux semaines ;
  • qui a accompli, au cours des quatre dernières semaines, une démarche active de recherche d’emploi ou a trouvé un emploi qui commence dans les trois mois.

« Les démarches actives incluent étudier des annonces d’offres d’emploi, demander à ses amis, sa famille ou son entourage » si ces derniers ont connaissance d’opportunités, « contacter Pôle emploi, etc. Être inscrit à Pôle emploi n’est pas en soi une démarche de recherche active », précise l’Insee.

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