Emploi : vers une nouvelle hausse du chômage en 2022 ?

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Personnes assises, entretien de recrutement, emploi
© skynesher

Le chômage va-t-il augmenter en 2022 ? Des économistes s’attendent à une progression du taux de chômage l’année prochaine, marquée par les prochaines élections présidentielle et législatives.

Cet indicateur, l’un des plus cités dans le débat public, désigne le rapport entre le nombre de personnes à la recherche d’un emploi et le nombre total d’actifs, occupés ou non, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

D’après une étude publiée mercredi 13 octobre par l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), le taux de chômage va passer de 7,8 % en décembre 2021 à 8 % un an plus tard, « en raison du retour progressif sur le marché du travail de personnes ayant basculé dans l’inactivité durant la crise sanitaire » due à la pandémie de Covid-19. 

En 2021, la « levée des mesures sanitaires et les créations d’emploi se traduiraient par un retour progressif sur le marché du travail de personnes ayant basculé dans l’inactivité durant la crise sanitaire, soit + 90 000 personnes », explique ce centre de recherche rattaché à Sciences Po, dans un document intitulé « La vague espérée de la reprise » (à télécharger ici).

« À court terme, les créations d’emploi seraient suffisantes pour faire baisser le chômage (- 37 000 chômeurs en fin d’année par rapport à fin 2020), et le taux de chômage baisserait à 7,8 % de la population active », ajoute l’OFCE.

Ralentissement du rythme des créations d’emploi et hausse de la population active

Mais en 2022, le rythme des créations d’emploi risque de ralentir, alors que « la population active progresserait plus rapidement que l’emploi, ce qui se traduirait par une hausse du chômage (+ 45 000 chômeurs en fin d’année par rapport à fin 2021) », craint cet organisme classé à gauche. L’Observatoire français des conjonctures économiques anticipe donc une augmentation du taux de chômage de 0,2 point l’année prochaine.

Avec prudence, la Banque de France a indiqué s’attendre à une remontée du taux de chômage, évalué par l’organisme à 8,1 % cette année. « Revenu à un niveau supérieur à celui de l’avant-crise, l’emploi pourrait ensuite temporairement marquer le pas début 2022, dès lors que l’extinction du dispositif d’activité partielle provoquerait une normalisation des conditions d’emploi dans l’ensemble des entreprises, et en particulier des heures travaillées » par salarié, souligne la banque centrale dans un document de « Projections économiques » publié le 13 septembre.

L’Insee constate également un retour vers le marché du travail de personnes qui l’avaient quitté durant la crise sanitaire, tout en faisant une estimation plus optimiste que l’OFCE quant au taux de chômage en 2021.

« Après un recul historique en 2020, le nombre d’actifs a rebondi au premier semestre 2021 et progresserait de nouveau au second semestre, au même rythme qu’au premier (+194 000 après +225 000). Il retrouverait ainsi sa trajectoire tendancielle d’avant-crise. Le fort rebond de l’emploi en milieu d’année se traduirait par une baisse du chômage, qui passerait de 8 % en moyenne au deuxième trimestre à 7,6 % aux troisième et quatrième trimestres », anticipe l’organisme dans une note de conjoncture parue le 6 octobre (à télécharger ici).

L’Insee précise à Dossier Familial ne faire pour l’heure aucune prévision concernant l’évolution du taux de chômage en 2022.

Durant la campagne pour l’élection présidentielle de 2017, Emmanuel Macron avait promis une baisse du taux de chômage à 7 % à la fin du quinquennat, un niveau plancher inconnu depuis 2008. Les économistes jugent constitué le plein-emploi en France lorsque le taux de chômage s’établit en deçà de 5 %, un niveau jamais vu depuis les années 1970.

« Nous retrouverons en décembre 2021 le niveau d’activité d’avant-crise », selon Bruno Le Maire

À la surprise des observateurs, les mesures de soutien à l’économie, comme l’activité partielle ou le Fonds de solidarité, ont permis de limiter la hausse du chômage et le nombre de liquidations judiciaires, malgré la pire récession annuelle depuis 1945. En 2020, le produit intérieur brut (PIB) en 2020 a chuté de 7,9 %, évaluait l’Insee dans un document du 28 mai consacré aux « Comptes de la nation ».

Le gouvernement a modifié sa prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) pour 2021, a annoncé le 11 octobre le ministre de l’Economie, des finances et de la relance, Bruno Le Maire. « La croissance est forte, elle est solide, elle est dynamique. Nous réviserons donc la prévision de croissance pour 2021, de 6 à 6,25 %. Nous retrouverons en décembre 2021 le niveau d’activité d’avant-crise », a fait savoir Bruno Le Maire à l’Assemblée nationale.

Emmanuel Macron a présenté le lendemain à l’Elysée un plan d’investissement d’avenir, intitulé « France 2030 ». Tout en assurant que la crise sanitaire n’est pas finie, l’exécutif entend afficher ses actions en faveur de la relance. Y compris au-delà du quinquennat.

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