Élysée 2022 : le chômage a-t-il vraiment baissé durant le quinquennat d'Emmanuel Macron ?

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Emmanuel Macron et Marine Le Pen, au cours de leur débat mercredi. - Ludovic Marin/Pool via Reuters

Lors du débat de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle, mercredi 20 avril, le chef de l’Etat sortant, Emmanuel Macron, a eu des échanges tendus avec la candidate d’extrême droite (RN, Rassemblement national), Marine Le Pen, au sujet de l’évolution du chômage au cours de son quinquennat.

« Des gens qui cherchent activement un emploi, il y en avait 5,5 millions quand vous avez été élu, il y en a aujourd’hui 5,4 millions. Pardon, mais sur le plan du chômage vous devriez avoir la victoire modeste », a dit Marine Le Pen, qui a compté les personnes se trouvant dans les catégories A, B et C de Pôle emploi.

Le président de la République a démenti les assertions de son adversaire. « Aujourd’hui, Madame Le Pen, alors qu’on a vécu une pandémie comme on n’en avait pas vécu depuis un siècle, on a malgré tout, contrairement aux chiffres que vous pouvez donner, baissé le chômage, il est passé de 9,6 à 7,4 %. Et le Bureau international du travail, comme son nom l’indique, est l’organisme qui fait référence, il vous plaît peut-être pas, mais personne ne compte les catégories B et C du chômage, puisque ce sont des actifs partiels.

– Ils seront contents de l’apprendre, a répondu Marine Le Pen.

– Non, mais Madame, non, on ne les compte pas dans les chiffres du chômage. Ne faites pas…

 – Ils seront contents de l’apprendre.

 – C’est pas Gérard Majax ce soir, Madame Le Pen.

 – Car ils cherchent du… Ils cherchent un emploi, vous savez.

 – Arrêtez ça, les chiffres… On parle de vies derrière. »

Un taux de chômage à 9,6 % avant l’élection d’Emmanuel Macron, à 7,4 % fin 2021

En mettant en lumière une baisse du taux de chômage, Emmanuel Macron n’a pas menti. Au premier trimestre 2017, soit avant son élection et son investiture, en mai de cette année, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail atteignait 9,6 % de la population active sur le territoire en excluant Mayotte, avait évalué l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans une enquête parue le 18 mai 2017. Dans un document publié le 18 février dernier, l’organisme a effectivement montré une baisse du chômage, à un taux de 7,4 % au quatrième trimestre 2021.

D’après un document mis en ligne sur le site du ministère du Travail Travail-emploi.gouv.fr, le chômage au sens du BIT comptabilise les personnes en âge de travailler – soit par convention celles de 15 ans et plus – et qui :

  • n’ont pas travaillé, ne fût-ce qu’une heure, au cours de la semaine de référence ;
  • sont disponibles pour travailler dans les deux semaines ;
  • ont accompli des démarches actives de recherche d’emploi dans le mois précédent ou ont trouvé un emploi qui commence dans les trois mois.

Le taux de chômage est l’indicateur dont se sert l’exécutif et la majorité pour vanter la baisse du chômage durant le quinquennat.

Légère baisse du nombre de demandeurs d’emploi des catégories A, B et C

Mais Marine Le Pen a dit vrai en évoquant une très légère baisse du nombre total de demandeurs d’emploi classés dans les catégories A, B et C.

« Fin avril 2017, en France métropolitaine, parmi les personnes inscrites à Pôle emploi et tenues de rechercher un emploi (catégories A, B, C), 3 471 800 sont sans emploi (catégorie A) et 2 063 200 exercent une activité réduite (catégories B, C), soit au total 5 535 000 personnes », expliquaient, dans un document publié le mois suivant, la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère du Travail et Pôle emploi.

Le 25 mars dernier, la Dares révélait sur son site compter 5,508 millions de demandeurs d’emploi classés dans les catégories A, B et C au titre de février 2022.

Selon la Dares, la catégorie A, la plus citée dans le débat public, désigne les « demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi », sans aucune activité. La catégorie B regroupe les « demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi, ayant exercé une activité réduite courte (de 78 heures ou moins dans le mois) ». Dans la catégorie C, figurent les « demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi, ayant exercé une activité réduite longue (de plus de 78 heures au cours du mois ».

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