Garantie jeunes : bientôt ouverte à tous les jeunes précaires ?

La Garantie jeunes, dispositif d’accompagnement réservé aux jeunes de 16 à 25 ans sans formation ni emploi, devrait être généralisé à tous les jeunes précaires.

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© julief514

Jusque-là réservée aux jeunes les plus éloignés de l’emploi, la Garantie jeunes devrait être transformée en un droit ouvert à tous les jeunes en situation de précarité, selon un rapport remis jeudi 7 janvier à la ministre du Travail, Elisabeth Borne, et à la secrétaire d'Etat chargée de la Jeunesse et de l'Engagement, Sarah El Hairy, par le Conseil d’orientation des politiques de jeunesse (COJ), instance consultative placée auprès du Premier ministre.

En quoi consiste la Garantie jeunes ?

Créée fin 2013 et généralisé en 2016, ce dispositif permet aux jeunes âgés de 16 à 25 ans, qui ne sont ni en formation ni en emploi et qui ne bénéficient d’aucune ressource financière de la part de leurs parents (qu’ils habitent chez eux ou pas), de bénéficier d'un accompagnement intensif vers l'emploi par une mission locale.

En pratique, le jeune intègre un Parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie (Pacea) et signe un contrat d’une durée d’un an, renouvelable six mois, avec la mission locale. La Garantie jeunes peut comporter des périodes de formation, des mises en situation en entreprise, un accompagnement social et professionnel.

Tout au long du dispositif, le jeune perçoit une allocation de 497 € par mois au maximum. Elle est cumulable avec des revenus d’activité (indemnités de stage, allocations chômage, etc.) si ceux-ci ne dépassent pas 300 €. En cas de dépassement, l’allocation est dégressive et est supprimée lorsque le total des ressources (revenus tirés d'un stage, indemnités journalières, pensions alimentaires, allocations de chômage, etc.) atteint 1 243,67 €. En cas d’absences répétées et injustifiées, il est mis fin au versement.

Un dispositif qui favorise l’insertion des jeunes

Le rapport souligne l’efficacité du dispositif. Fin 2019, 43,5 % des bénéficiaires ont accédé à un emploi, à une formation, à un contrat en alternance, ou à une création d'entreprise, selon un rapport du service statistique du ministère du Travail (Dares). Mais seuls 100 000 jeunes en ont bénéficié. Le 25 novembre dernier, le gouvernement faisait un premier pas vers un élargissement du dispositif en annonçant, dans le cadre du plan « 1 jeune 1 solution », un doublement du nombre de bénéficiaires pour 2021.

Pour aller plus loin, le rapport propose de revoir notamment les conditions de ressources et de supprimer le critère « sans emploi, ni études, ni formation », qui exclut un certain nombre de personnes comme par exemple les jeunes salariés occupant des « emplois alimentaires » sur des contrats occasionnels et/ou de très courte durée. Il préconise également d’allonger la durée des aides afin de faciliter l’accès à un logement, d’ouvrir le dispositif aux jeunes en situation de handicap jusqu’à l’âge de 30 ans ou encore de renforcer les missions locales en charge du dispositif en mobilisant davantage de personnels et locaux.

Au lendemain de la remise du rapport, le ministère du Travail annonce que dès la mi-janvier un travail sera engagé sur le dispositif de « Garantie jeunes universelle ». C’est un  « investissement essentiel pour s’assurer qu’aucun jeune ne renonce à un parcours vers l’emploi à cause de difficultés financières », a déclaré la ministre du Travail, Elisabeth Borne, opposée à la création d’un RSA pour les moins de 25 ans, mesure réclamée depuis plusieurs mois par plusieurs acteurs de lutte contre la précarité.

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