Dégel du point d'indice : le salaire des fonctionnaires va être augmenté cet été

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© Xose Bouzas / Hans Lucas via Reuters Connect

C’est une première depuis février 2017. La valeur du point d’indice, qui sert à calculer la rémunération des 5,7 millions d’agents publics en France, sera dégelée « avant l’été », a annoncé lundi 14 mars la ministre de la Transformation et de la Fonction publique, Amélie de Montchalin, dans une interview accordée au journal Le Parisien. En clair, les fonctionnaires et les contractuels de l’Etat, des collectivités locales et des hôpitaux verront leur salaire augmenter d’ici juillet.

Ce dégel du point d’indice est une rupture avec la politique salariale menée jusqu’ici par le gouvernement, qui a privilégié les revalorisations ciblées. La dernière augmentation du point d’indice date de la fin du quinquennat de François Hollande. Le président socialiste l’avait alors augmenté à deux reprises de 0,6 %, en juillet 2016 et en février 2017. Avant cette hausse de 1,2 %, le point d’indice était gelé depuis 2010.

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Une mesure justifiée par l’accélération de l’inflation

A moins d’un mois du premier tour de l’élection présidentielle le 10 avril prochain, le gouvernement assure que ce revirement a été décidé par l’augmentation du coût de la vie. « L’inflation persiste, elle est forte et durable », a souligné la ministre de la Fonction publique, dans Le Parisien.

Selon une première estimation de l'Insee, l'indice des prix à la consommation a bondi de 3,6 % au mois de février sur un an en France, atteignant son plus haut depuis 2008 en raison « d'une accélération des prix de l'énergie, des services, des produits manufacturés et de l'alimentation ». De son côté, la Banque de France a estimé, dimanche 13 mars, que l’inflation devrait rester « élevée tout au long de l’année 2022 », à cause notamment des conséquences de la guerre en Ukraine, et atteindre 3,7 % ou 4,4 % sur un an. Dans ce contexte, « nous ne pouvons pas laisser le pouvoir d'achat des agents décrocher par rapport au pouvoir d'achat des salariés du secteur privé », a justifié Amélie de Montchalin.

Satisfaction prudente des syndicats

Cette décision, réclamée depuis plusieurs années, a été saluée par les syndicats de la Fonction publique. « Il était temps, cela fait des mois que la CFDT le dit au gouvernement ! », a déclaré Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT-Fonctions publiques, sur Franceinfo ce mardi 14 mars. Les organisations syndicales attendent désormais de connaître le pourcentage de la revalorisation.

Pour l’heure, ce dernier n’est pas encore connu. Il doit être arbitré lors d’une concertation avec les organisations syndicales et les employeurs. « Nous allons lancer les discussions avec toutes les parties prenantes (...) afin de permettre qu'elle soit effective (...) avant l'été », a déclaré la ministre. La mesure sera inscrite dans une loi de finances rectificative, qui devra être votée au Parlement cet été, après l’élection présidentielle.

« L'urgence est telle que le pourcentage de revalorisation devra être très élevé pour combler le retard », a réagi sur Twitter Gaëlle Martinez, secrétaire nationale de l’Union syndicale Solidaires Fonction publique. «Tout ce qui sera en dessous de 3 % pour nous ce ne sera pas acceptable », a déclaré de son côté ce mardi sur Franceinfo Benoît Teste, secrétaire général du syndicat enseignant FSU, estimant que cela représenterait « 5 à 6 milliards du budget de l'État ».

Revalorisation de l’indemnité kilométrique de 10 %

En plus du dégel du point d’indice, le gouvernement a également décidé d’augmenter l’indemnité kilométriqueque perçoivent les agents utilisant leur véhicule personnel dans le cadre de leurs fonctions. « Nous allons l’augmenter, comme pour les salariés du privé, d’au moins 10 % », a précisé la ministre au Parisien. La « mesure sera effective dans les prochains jours ».

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