Déconfinement du 11 mai : les règles de sécurité que devront respecter les entreprises

Le ministère du Travail a publié le protocole national de déconfinement pour les entreprises. Distance minimale entre les salariés, désinfection des objets fréquemment manipulés, fourniture de masques… Voici les mesures préconisées.

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4mn de lecture
© Narongrit Sritana

A une semaine du début du déconfinement, le 11 mai prochain, le ministère du Travail a publié un protocole national pour aider les entreprises et les associations, quelles que soient leur taille, leur activité et leur situation géographique, à reprendre leur activité tout en assurant la protection de la santé de leurs salariés grâce à des règles universelles. Il s’ajoute aux 48 guides déjà disponibles sur le site du ministère du Travail, qui détaillent les mesures d’hygiène et de distanciation sociale métier par métier.

Chaque fois que possible, le télétravail doit être privilégié. Si la présence sur les lieux de travail est nécessaire, les entreprises et établissements accueillant du public doivent privilégier « le séquencement des activités et la mise en place d’horaires décalés » afin de limiter « les risques d’affluence et de concentration des personnels ».

Une surface minimale de 4 m² entre deux personnes

Afin de garantir une distance minimale de 1 mètre autour d’une personne, ils doivent prévoir l’instauration d’un espace de 4 m² minimum par salarié et client, dans toutes les directions, y compris pour circuler.

La surface à prendre en compte est la surface résiduelle, c’est-à-dire celle effectivement disponible pour les salariés et clients. Pour un magasin par exemple, il faut retrancher à la surface totale celle occupée par les rayonnages et les réserves. Un établissement ayant une surface résiduelle de 160 m² ne pourra pas accueillir plus de 40 salariés et clients à la fois (160/4).

Dans les lieux où les flux de circulation sont plus difficiles à maîtriser, comme les magasins, la jauge de 4 m² peut être supérieure. Les flux devront, par ailleurs, être contrôlés à l’entrée et à la sortie. Cette règle s’applique également aux ascenseurs, où ne pourront pas monter plus de un ou deux salariés à la fois.

Pour éviter aux employés de se croiser, « un sens unique de circulation doit être mis en place avec marquage lisible au sol ». De même, les horaires de pause doivent être échelonnés. L’accès aux lieux communs de type distributeurs de boisson ou de café sera canalisé avec un sens d’arrivée et de départ différents.

Enfin, il faudra privilégier une personne par bureau. Pour les bureaux partagés, il faudra éviter le face à face, permettre une distance physique de plus d’un mètre, utiliser si possible des plexiglas en séparation et aérer au moins 15 minutes trois fois par jour.

Port du masque obligatoire en cas d’impossibilité de respecter la distanciation minimale

« Si malgré la mise en place de l’ensemble des mesures précédentes, le respect de la distanciation physique d’un mètre entre deux personnes (clients, collègues, prestataires, etc.) ne peut être garanti, le port d’un masque devient obligatoire », précise le protocole. L’employeur doit fournir des masques FFP1 ou des masques alternatifs à usage non sanitaires, dits « grand public ». L’usage du masque doit toujours s’accompagner du respect des gestes barrières :ne pas se serrer la main ou s’embrasser pour se saluer,tousser et éternuer dans son coude,utiliser un mouchoir jetable à usage unique, se laver régulièrement les mains, éviter de se toucher le visage.

En revanche, Le ministère des Solidarités et de la Santé déconseille de porter des gants car ils donnent « un faux sentiment de protection » et sont « vecteurs de transmission » du coronavirus.

Nettoyage fréquent des surfaces et objets manipulés de nombreuses fois

Les locaux doivent être nettoyés tous les jours et les surfaces et objets régulièrement touchés par les salariés doivent être désinfectés plusieurs fois dans la journée (rampes d’escaliers, poignées de portes, interrupteurs, boutons d’ascenseurs, écrans tactiles, combinés de téléphone, appareils de paiement, comptoir d’accueil, mobilier, etc.). Les tourniquets à l’entrée des locaux doivent être condamnés, sauf si du gel hydroalcoolique est proposé à proximité. Les pièces fermées doivent être aérer au moins quinze minutes trois fois par jour.

Les campagnes de dépistage ne sont pas autorisées

Les entreprises ne sont pas autorisées à organiser des campagnes de dépistage. De même, le contrôle de la température de leurs salariés à l’entrée de l’établissement n’est pas recommandé et a fortiori n’a pas un caractère obligatoire. Le salarié est en droit de refuser et l’employeur ne peut pas lui interdire l’accès à son poste. S’il le fait, il « peut être tenu de lui verser le salaire correspondant à la journée de travail perdue ».

Le ministère de la Santé invite, en revanche, toute personne à mesurer elle-même sa température en cas de sensation de fièvre et plus généralement d’auto-surveiller l’apparition de symptômes évocateurs de Covid-19.

Si le salarié estime que l’entreprise n’a pas pris de précautions suffisantes pour garantir la protection de la santé des employés, il peut exercer son droit de retrait et quitter son poste de travail ou refuser de s’y installer (l’article L4131-3 du Code du travail)

 

df
Sarah Corbeel
Publié le

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