Coronavirus : comment aider les agriculteurs ?

Face à la pénurie de main d’œuvre, le ministre de l’Agriculture a appelé les Français à aller aider les agriculteurs dans les champs, via la plateforme "Des bras pour ton assiette". Qui peut se porter volontaire ? Quelles garanties de sécurité sanitaire ? Explications.

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© Smederevac

24 heures après l’appel national lancé pour venir aider les agriculteurs dans les champs, ils sont déjà près de 40 000 à s’être portés volontaires. Le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a invité mardi matin « l'armée de l'ombre des hommes et des femmes (qui) n'ont plus d'activité » en raison de la crise liée au Covid-19 à « rejoindre la grande armée de l’agriculture française », en manque de main d’œuvre pour les récoltes de fruits et légumes ou planter les semis de printemps. D’habitude, ces renforts saisonniers sont assurés par des travailleurs de pays voisins, qui ne peuvent plus aujourd’hui se déplacer librement en raison de la fermeture des frontières. 

Les agriculteurs ont besoin de 200 000 travailleurs saisonniers dans toute la France pour les trois mois à venir. Le ministère du Travail a mis en place, avec Pôle emploi, une plateforme dédiée, desbraspourtonassiette.wizi.farm, où les particuliers peuvent s’inscrire.

Qui peut s’inscrire ?

La plateforme s’adresse aux demandeurs d’emploi, aux indépendants dont l’activité a été stoppée ainsi qu’aux salariés mis au chômage technique.

> Pour les salariés au chômage partiel, la loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid-19 prévoit un « dispositif simple et exceptionnel » leur permettant de conclure un contrat de travail avec une entreprise du secteur agroalimentaire. Ils pourront ainsi cumuler leur indemnité d’activité partielle avec le salaire de leur contrat de travail. Pour ne pas mettre en faute le salarié, l’employeur initial devra donner son accord « pour respecter un délai de prévenance de 7 jours avant la reprise du travail » et l’employeur de la filière agroalimentaire devra libérer le salarié de ses obligations sous réserve du même délai de 7 jours.

> Pour les indépendants, micro-entrepreneurs et professions libérales qui bénéficient du fonds de solidarité, il sera possible de cumuler l’aide financière de 1 500 € avec les contrats courts dans les entreprises agricoles et agroalimentaires.

> Pour les demandeurs d'emploi, il est aussi possible de cumuler l’allocation chômage et le salaire que l’exploitant lui versera.

Comment s’inscrire ?

Il suffit de remplir un formulaire avec vos coordonnées sur la plateforme. Une fois votre compte activé, vous renseignez vos disponibilités pour chaque mois (tous les jours, quelques jours), votre mobilité (kilomètres ou France entière), vos compétences (récolte manuelle de légumes, etc.). Vous pouvez aussi préciser si vous disposez du permis et d’un véhicule et lister le matériel que vous possédez et pourriez mettre à disposition dans le cadre d’une mission (matériels roulants, outils tractés, etc.). Si vous correspondez aux besoins d’un agriculteur, il vous enverra directement une proposition par mail.

À noter : il est possible de consulter les offres sans créer de compte.

Les salariés devront être protégés

Pour aider les agriculteurs, vous devez être en bonne santé et ne pas faire partie des personnes à risque. Mais les gestes barrières et les règles de distanciation seront-ils respectés ? « Les employeurs s’engagent à mettre en place les garanties sanitaires, a assuré la présidente de la FNSEA Christiane Lambert lors d’un point presse. Des jerricans d’eau et sopalins jetables seront mis à disposition ».

D’ici la fin de la semaine, le ministère du Travail a déclaré qu’un guide pratique, établi en concertation avec les acteurs de la filière, sera largement diffusé aux entreprises et exploitations afin de leur donner des solutions très concrètes et opérationnelles pour garantir un travail en toute sécurité à leurs salariés.

 

df
Sarah Corbeel
Publié le

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