Confinement : seulement 36 % des actifs télétravaillent

Pour lutter contre la deuxième vague de l'épidémie de Covid-19, le télétravail est devenu obligatoire partout où il est possible. Mais les consignes du gouvernement ont-elles été suivies d'effets ? De nouveaux chiffres tirent un premier bilan du suivi de cette recommandation. 

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© GaudiLab

« Le télétravail n'est pas une option, c'est une obligation. » Les mots de la ministre du Travail Elisabeth Borne à l'annonce du nouveau confinement ont-ils été entendus par les entreprises ? Pas vraiment, selon nos constatations de trafic en ville aux heures de pointe. 

Une intuition confirmée par une étude, commandée à Harris Interactive par le ministère du Travail et révélée ce mardi soir, lors d'une conférence de presse en ligne : 36 % des actifs ont télétravaillé lors de la première semaine du reconfinement, du 2 au 8 novembre. 

Un télétravail rare, mais aussi partiel

« Un travailleur qui peut effectuer toutes ses tâches en télétravail doit le faire cinq jours sur cinq », martelait Elisabeth Borne. Raté aussi. Parmi ces 36 % de télétravailleurs de la première semaine, seulement la moitié ont travaillé complètement à distance, les autres n'ayant que partiellement respecté la consigne, au moins un jour. 

Pour le reste, 52 % des actifs en situation d'emploi n'ont pas du tout télétravaillé. Un chiffre qui monte à 55 % dans le privé. À titre de comparaison, c'est deux fois moins que lors du premier confinement, selon les chiffres de la Dares : à la fin mars, un quart des salariés étaient en télétravail, un quart travaillaient sur site, un quart était en chômage partiel, les autres étant en congés maladie ou garde d’enfants. 

Les raisons du « présentiel »

Pourquoi travaille-t-on outrancièrement en « présentiel » durant l'état d'urgence sanitaire ? L’enquête évalue à 15% la part des actifs qui ont été contraints de travailler sur site à temps plein à cause du refus de leur employeur.

À noter aussi que du côté des salariés, parmi ceux qui étaient à 100% en télétravail, 58% préféreraient revenir un jour par semaine au bureau. Car la solitude au travail peut être un problème : 40% des télétravailleurs déclarent en effet souffrir d'isolement.

Les contrôles vont être renforcés

Si Elisabeth Borne se rassure, dans Le Parisien, sur le fait que « 70 % des actifs pouvant télétravailler facilement l'ont fait au moins partiellement la semaine dernière », ils étaient moins de la moitié à le faire à temps complet (et 30 %, donc, à ne pas le faire du tout). Pour une obligation, c'est peu respectueux. 

C'est la raison pour laquelle l’inspection du travail va renforcer ses contrôles. L'objectif : vérifier si le protocole sanitaire est bien appliqué dans les entreprises, y compris s'agissant de l'obligation du télétravail lorsqu'il est possible. 

Le confinement est prévu pour durer au moins jusqu'au 1er décembre et devrait être prolongé si les indicateurs d'évolution de l'épidémie de Covid-19 ne sont pas jugés satisfaisants par le gouvernement. 

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