Concours de la fonction publique : ce qui change

Création d’un concours externe à cinq écoles de service public réservé aux boursiers, fin de la limitation du nombre de candidatures à certains concours… Le gouvernement a pris plusieurs mesures pour faciliter l’accès à la fonction publique.

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© AdamGregor

La fonction publique va devenir plus accessible. Le 11 février dernier, Emmanuel Macron annonçait, lors d’un déplacement à l’Institut régional de l’administration de Nantes, une série de mesures pour favoriser « l’égalité des chances » dans l’accès à la fonction publique : mise en place à titre expérimental, dès la rentrée 2021, d’un concours « Talents » réservé aux élèves boursiers pour cinq écoles de la haute fonction publique (ENA, INET, ENSP, EHESP et ENAP) et suppression, dès cette année, de la limitation du nombre de candidatures à certains concours et examens professionnels des trois versants de la fonction publique. Depuis, l’ordonnance et les deux décrets mettant en application les annonces du chef de l’Etat ont été publiés au Journal officiel.

Une ordonnance instaure, à compter de la rentrée 2021 et jusqu’au 31 décembre 2024, un concours externe spécial pour l’accès aux cinq grandes écoles de la fonction publique :

  • l’Ecole nationale d’administration (ENA),
  • l’Institut national des études territoriales (Inet) pour le concours d’administrateur territorial,
  • l’Ecole des hautes études de santé publique (Ehesp) pour les concours de directeur d’hôpital et de directeur des établissements sanitaires, sociaux ou médico-sociaux,
  • l’Ecole nationale supérieure de la police (Ensp) pour le concours de commissaire de police
  • et l’Ecole nationale d’administration pénitentiaire (Enap) pour le concours de directeur des services pénitentiaires.

Ces « concours Talents » s’adresseront aux étudiants boursiers qui auront suivi, dans les quatre années précédant, un cycle de formation sélectif de préparation à ces concours dans une classe préparatoire intégrée (CPI) ou dans l’une des futures « prépas talents » du service public. Ces dernières seront présentes sur tout le territoire, intégrées à des écoles de service public, des universités, des instituts d’études politiques ou des CPAG ou IPAG. Au total,  1 700 places seront proposées.

Les candidats seront sélectionnés par le même jury que ceux du concours externe classique et passeront les mêmes épreuves. L’accès aux concours talents sera, toutefois, limité : le nombre de places offertes ne pourra pas excéder 15 % du total proposé pour les concours externes.

A noter :

A compter de la rentrée 2021, chaque étudiant inscrit en prépa talents aura droit à une bourse de 4 000 €, au lieu de 2 000 € en 2020.

 

Fin de la limitation du nombre de candidatures à certains concours

Pour rendre la fonction publique plus ouverte, le gouvernement a également décidé de supprimer la limitation du nombre de candidatures à certains concours et examens professionnels. Une quinzaine sont concernés, selon un décret publié samedi 28 mars au Journal officiel.

> Dans la fonction publique d’Etat, cette suppression concerne notamment les concours d'accès à l'Ecole nationale d'administration et à ses cycles préparatoires. Jusqu’à présent, un candidat ne pouvait concourir plus de trois fois à l’un des concours d’accès à l’ENA, ni plus de cinq fois au total à l’ensemble des concours d’entrée de cette école (concours externe, interne et troisième concours).

Autres corps ou cadres d’emploi de l’État dont l’accès ne sera plus limité : l’inspection générale des affaires sociales pour les titulaires du doctorat, l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche pour les titulaires du doctorat, les professeurs des universités de médecine générale et maîtres de conférences de médecine générale, les ingénieurs des mines, les ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts, les ingénieurs du contrôle de la navigation aérienne, les ingénieurs des travaux de la météorologie, les administrateurs et les attachés statisticiens de l’Insee, les conseillers des affaires étrangères, les commissaires de police, les magistrats de tribunal administratif ou de cour administrative d'appel, les conseillers de chambre régionale des comptes, les directeurs des services pénitentiaires, les inspecteurs de santé publique vétérinaire, les contrôleurs des finances publiques, les inspecteurs des finances publiques. Pour ce dernier corps et celui des inspecteurs des douanes et droits indirects, le décret supprime la limite fixée pour l'avancement de grade par examen professionnel.

> Dans la fonction publique territoriale, la suppression concerne l’accès au cadre d'emplois des administrateurs territoriaux ainsi qu'à celui des conservateurs territoriaux du patrimoine.
 

> Dans la fonction publique hospitalière, elle concerne l'accès aux corps des directeurs d'hôpital, des directeurs d'établissement sanitaire, social et médico-social, des directeurs des soins et des attachés d'administration hospitalière, ainsi qu'aux cycles préparatoires aux concours d'accès à ces corps.


> Enfin, pour la magistrature de l'ordre judiciaire, elle concerne les concours d'accès à l'Ecole nationale de la magistrature et au cycle préparatoire au deuxième concours, ainsi que les concours complémentaires de recrutement des magistrats judiciaires des premier et second grades.

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