Chômage, retraite, télétravail : ce qu'il faut retenir du sommet social

5 min de lecture

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris

Voir mes favoris

Ce contenu a bien été supprimé de vos favoris

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
Sommet social
© Ludovic Marin – Pool New – Reuters

C’est un sursis pour les demandeurs d’emploi. Le chef du gouvernement, Jean Castex, a annoncé, à l’issue d’un bref sommet social réuni à Matignon ce lundi 26 octobre au matin, le « report de trois mois » du dernier volet de la réforme de l’assurance-chômage, qui devait entrer en vigueur le 1er janvier 2021.

Le Premier ministre a reçu les dirigeants des organisations syndicales et patronales représentatives lors d’une réunion consacrée aux lourdes répercussions économiques de la crise sanitaire du Covid-19. Les ministres Elisabeth Borne (Travail, emploi et insertion) et Bruno Le Maire (Economie, finances et relance) ainsi que le secrétaire d’Etat Laurent Pietraszewski (Retraites et santé et travail) ont participé aux discussions.

Le gouvernement « n’entend pas renoncer »

Le gouvernement « n’entend pas renoncer » à la « réforme majeure » de l’assurance-chômage, a assuré devant des journalistes Jean Castex, cité par l’Agence France-Presse (AFP).

Les syndicats réclament instamment un abandon pur et simple du dernier volet de la réforme de l’assurance-chômage annoncée en juin 2019 et décrite comme « punitive » par le président de la CFE-CGC, François Hommeril, dans une tribune parue ce lundi dans L’Humanité.

« Les cinq syndicats représentatifs au niveau national avaient adressé le 14 octobre à Jean Castex un courrier pour demander l’abandon de la réforme », rappelle à Dossier Familial Michel Beaugas, secrétaire confédéral à Force ouvrière (FO).

Différentes mesures de cette réforme sont déjà entrées en vigueur. Le gouvernement souhaite une modification du calcul de l’indemnisation, qui doit être calculée à partir du revenu mensuel moyen du travail et non des seuls jours travaillés. Pour les représentants des salariés, une telle mesure est susceptible d’accroître encore la précarité. Le gouvernement, lui, juge que les règles actuelles dissuadent à la reprise d’un emploi durable. Il avait décidé de reporter l’entrée en vigueur de la modification du 1er avril 2020 au 1er septembre, puis au 1er janvier 2021.

Déjà éprouvée par la pandémie et par le confinement, l’activité économique subit le poids du pessimisme, du couvre-feu dans une large partie du territoire et de l’état d’urgence sanitaire dans toute la France, instaurés pour faire face à l’arrivée de la seconde vague du virus. Le nombre de suppressions d’emploi risque de bondir. L’exécutif souhaite ne mettre en œuvre qu’en cas d’extrême nécessité un nouveau confinement, national ou dans certaines zones géographiques. Cette hypothèse est ardemment recommandée par plusieurs scientifiques.

La réforme de l’assurance-chômage visait initialement à permettre à l’Unédic, l’association paritaire qui gère l’assurance-chômage, de faire des économies.

Une modification du protocole sanitaire envisagée

Les participants au sommet social ont « largement abordé » le thème du télétravail, sur lequel les organisations syndicales et patronales recherchent un accord, a indiqué Jean Castex. Selon lui, « nous dirons sans doute dans la semaine les décisions que nous allons prendre en la matière ».

« Le gouvernement ne va pas rendre le télétravail obligatoire mais probablement faire en sorte que 2 ou 3 jours par semaine soient télétravaillés, en apportant une modification au protocole sanitaire national », précise Michel Beaugas. « Nous devrions avoir une réunion avec Laurent Pietraszewski sur le sujet », ajoute le dirigeant de FO.

L’exécutif encourage les entreprises à pratiquer le télétravail, dans la mesure du possible, comme l’a rappelé Elisabeth Borne ce lundi sur LCI. Le Mouvement des entreprises de France (Medef) souhaite un accord qui ne contraindra pas les employeurs. Pour FO, un accord doit « laisser les choses ouvertes et prévoir les conditions requises pour télétravailler ». « Certains salariés ne disposent pas de bureau chez eux et doivent travailler sur l’ordinateur familial », remarque Michel Beaugas.

Interrogations persistantes sur la réforme des retraites

Les interrogations sur le devenir de la réforme des retraites subsistent, alors que les dirigeants des cinq centrales syndicales représentatives au niveau national (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO) ont estimé que l’exécutif doit « annoncer que l’heure n’est pas de remettre à l’ordre du jour le sujet des retraites », dans leur courrier du 14 octobre. « Le sujet de la réforme des retraites n’a pas été discuté lors de la conférence sociale », souligne-t-on au cabinet de Laurent Pietraszewski. Le gouvernement l’a abordé au travers du thème de « l’emploi des seniors », nuance Michel Beaugas.

Un groupe de travail doit commencer à plancher sur l’emploi des seniors durant « la seconde quinzaine de novembre », selon l’entourage de Laurent Pietraszewski. D’autres groupes doivent être mis sur pied concernant l’assurance-chômage, le partage de la valeur ajoutée ou la reconversion.

Mission sur les salariés en deuxième ligne

Le gouvernement a constitué une mission sur les salariés situés en « deuxième ligne » dans la crise sanitaire, dont les syndicats veulent la revalorisation des carrières.

Cette mission, confiée à l’économiste Christine Erhel, directrice du Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET) et à la directrice générale adjointe en charge des ressources humaines de Réseau de transport d’électricité (RTE), Sophie Moreau-Follenfant, vise à « objectiver ce que sont ces emplois puis à en considérer les conditions », explique le cabinet de Laurent Pietraszewski.

« Vers la fin du premier trimestre 2021, pourront s’engager des travaux dans les branches professionnelles afin de mieux reconnaître leur travail », précise-t-on de même source.

Dans son discours du 13 avril, prononcé à la moitié environ de la période de confinement qui a duré du 17 mars au 10 mai inclus, Emmanuel Macron avait salué le travail de professionnels aux faibles rémunérations et disposant parfois d’un emploi précaire. 

Le président de la République avait cité, outre les « infirmiers » ou les « aides-soignants » situés à ses yeux en « première ligne » dans la crise sanitaire, les « chauffeurs routiers, livreurs, électriciens, manutentionnaires, caissiers et caissières, nos éboueurs, personnels de sécurité et de nettoyage », figurant eux « dans la deuxième ligne ».

A lire aussi