C’est quoi… le PIB ?

Le produit intérieur brut permet de mesurer le niveau de richesses produites dans un pays. Mais il est contesté.

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© Andrii Yalanskyi

C’est un indicateur de mesure de l’activité économique. Le produit intérieur brut (PIB) permet de connaître le niveau de richesses d’un pays. Une augmentation du PIB est synonyme de croissance, un recul est qualifié de récession. Suivant certaines définitions, la récession vise seulement deux trimestres consécutifs de baisse.

Du fait de la crise sanitaire provoquée par la pandémie de Covid-19, le PIB va diminuer en 2020, quatrième année de récession depuis la Seconde Guerre mondiale, après 1975, 1993 et 2009. Le repli doit atteindre 8 % cette année, selon les prévisions du gouvernement d’Edouard Philippe, qui vont probablement être modifiées à la hausse. C’est la pire chute depuis 1945.

Que mesure le PIB ?

L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) définit le PIB comme « la somme des valeurs ajoutées brutes » que créent « les unités productrices résidentes » sur le territoire, c’est-à-dire les entreprises et les administrations.

La valeur ajoutée est « la valeur de la production de la consommation diminuée de la consommation intermédiaire », explique le site economie.gouv.fr, en évoquant l’exemple suivant. Une fabrique de jouets traditionnels en bois achète sur l’année pour 300 000 € de planches, de peinture et de clous. Au 31 décembre, grâce au travail de ses salariés, elle a produit pour 1 M€ de jouets. « La richesse créée par cette entreprise est donc la valeur qu’elle a ajoutée en transformant, comme le sculpteur ou le peintre, la matière brute en produit fini, soit les 700 000 € correspondant au prix de vente de la production diminuée du coût des planches, peintures et clous », explique ce portail de Bercy.

À quoi sert-il de calculer le PIB ?

Le PIB permet d’avoir une idée de la situation économique d’un pays. Calculé ou prévu par des gouvernements, des organismes de statistiques, des banques centrales ou des organisations internationales, il aide à établir les politiques publiques. 

« Si les dirigeants avaient disposé du PIB dans les années 1930 (il ne sera généralisé qu’après 1945), ils se seraient peut-être aperçus que leurs décisions du moment aggravaient la crise », reconnaît l’économiste Gilles Raveaud, sous le pseudonyme de Jacques Littauer, dans Charlie Hebdo du 15 avril.

L’indicateur aide à faire des comparaisons internationales, même si « les pays n’utilisent pas exactement les mêmes façons de compter les biens et les services », rappelle le site economie.gouv.fr.

Une connaissance plus fine des richesses de la population peut être donnée par le PIB par habitant. En 2018, cet indicateur atteignait 41 469,9 $ en France, contre 9 770,8 $ en Chine, pourtant deuxième puissance économique mondiale, selon la Banque mondiale.

Pourquoi le PIB est-il contesté ?

Différents défauts sont attribués au produit intérieur brut.

Le site officiel Vie publique énumère diverses critiques :

  • il s’agit d’une moyenne ;
  • le PIB porte seulement sur les flux de production, pas le patrimoine ;
  • il n’inclut pas l’indice de développement humain (IDH), calculé par le Programme des nations unies pour le développement (Pnud) ;
  • il ne tient pas compte du travail non rémunéré, du bénévolat, ce qui exclut les tâches ménagères dans les foyers, accomplies majoritairement par les femmes ;
  • il exclut le travail au noir ou les activités illégales, à l’exception du trafic de stupéfiants, pris en compte depuis 2018 par l’Insee dans le calcul du PIB.

Une forte croissance économique peut s’accompagner d’inégalités sociales et d’une dégradation de l’environnement, comme l’ont montré les Trente Glorieuses (1945-1975). En Mai 68, une large partie de la population a rejeté un mode de vie fondé sur la consommation et la production industrielle. Les auteurs d’un des slogans de la révolte, « On ne tombe pas amoureux d’un taux de croissance », entendaient montrer que l’expansion et le plein-emploi ne suffisaient pas au bonheur de tous.

« Il est temps que notre système statistique mette davantage l’accent sur la mesure du bien-être de la population que sur celle de la production économique », affirmait en 2009 la Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social, présidée par le célèbre économiste Joseph Stiglitz et mise sur pied par Nicolas Sarkozy, alors chef de l’Etat.

D’autres indicateurs de richesses existent-ils ?

Oui. Mais ceux qui visent à mesurer le bien-être rencontrent en général un succès faible auprès des dirigeants des Etats. Au Bouthan, l’un des pays les plus pauvres de la planète, un autre indicateur est utilisé : le bonheur national brut.

En France, une loi du 13 avril 2015 était conçue pour prendre en compte des nouveaux indicateurs de richesses dans la définition des politiques publiques, d’après son intitulé officiel. Elle impose au gouvernement de remettre chaque année au Parlement un rapport présentant l’évolution de nouveaux indicateurs de richesses, comme des indicateurs d’inégalités, de qualité de vie et de développement durable. Ce texte n’a jamais été appliqué. La quête de croissance du PIB est restée la boussole économique des gouvernants.

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