Assurance chômage : 500 000 chômeurs pourraient être pénalisés

Sur les 2,6 millions de demandeurs d’emploi indemnisés, plus de 500 000 devraient être pénalisés par la réforme de l’assurance chômage, selon une évaluation de l’Unédic.
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L'Unedic estime à 500 000 le nombre de chômeurs touchés par une ouverture de droits annulée ou retardée. © skynesher

La réforme de l’assurance-chômage, présentée le 18 juin dernier par le Premier ministre, Edouard Philippe, et la ministre du Travail Muriel Pénicaud, durcit les conditions à satisfaire pour obtenir les allocations d’aide au retour à l’emploi (ARE) et recharger ses droits à indemnisation. Une révision des règles qui devrait pénaliser un chômeur indemnisé sur cinq, selon les estimations de l’Unedic.

Sur les 2,6 millions de demandeurs d’emploi indemnisés, « 500 000 personnes seraient […] impactées par une ouverture de droit retardée ou annulée », indique l’Unedic dans un document confidentiel qu’a pu consulter le quotidien Les Echos.

Le gestionnaire de l’assurance chômage a, en effet, constaté que l’an dernier, 300 000 chômeurs avaient demandé une ouverture de leurs droits sur la base d’une période de travail comprise entre 4 et 6 mois et 250 000 avaient obtenu un rechargement de leurs droits sur une période de 1 à 6 mois. Or, la réforme prévoit qu’à partir du 1er novembre prochain, il faudra avoir travaillé 6 mois sur 24 mois et non plus 4 mois sur 28 mois pour obtenir l’ouverture de ses droits à l’assurance chômage. De même, le rechargement des droits sera possible au bout de 6 mois de travail, contre 1 mois actuellement.

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600 000 à 700 000 chômeurs touchés

Par ailleurs, le document de l’Unédic ne porte que sur une partie de la réforme. D’autres mesures doivent entrer en vigueur et notamment la révision de la méthode de calcul de l’indemnisation. A compter du 1er avril 2020, le montant des allocations sera calculé sur le revenu mensuel moyen du travail, et non sur les seuls jours travaillés comme aujourd’hui. Il ne sera donc plus possible de toucher une allocation supérieure à son ancien salaire comme cela peut arriver actuellement pour certains chômeurs. L’Unédic précise qu’il est « délicat à ce stade d’estimer la population concernée ».

De son côté, le ministère du Travail avait estimé entre 600 000 et 700 000 le nombre de personnes qui pourrait être touchées par la réforme.

df
Sarah Corbeel
Publié le