Emploi : le salaire des jeunes diplômés a progressé en 20 ans, sauf pour les plus diplômés

Entre 1997 et 2015, les salaires en début de carrière ont dans leur ensemble progressé, excepté pour les plus diplômés, selon une étude du Céreq. Une baisse compensée par une meilleure insertion professionnelle.
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Le salaire des jeunes diplômés a progressé en 20 ans, sauf pour les plus diplômés.
Le salaire des jeunes diplômés a progressé en 20 ans, sauf pour les plus diplômés.

Entre 1997 et 2015, les salaires en début de vie active des plus diplômés ont baissé. C’est le constat dressé par le Centre d’études sur les qualifications (Céreq) dans une étude comparative publiée en février sur l’évolution des salaires des jeunes diplômés des générations de 1992 et de 2010 cinq ans après leur entrée dans la vie active.

Sur l’ensemble des sortants, le salaire mensuel médian (la moitié des salariés interrogés gagnent moins et l’autre moitié plus) en euros constants, c’est-à-dire ajustés en fonction de l’inflation, a progressé de 170 € pour s’établir à 1 480 € en 2015. Mais cette progression cache des disparités selon le niveau d’études.

Baisse du pouvoir d’achat des plus diplômés

Les jeunes les plus diplômés ont en effet perdu en pouvoir d’achat. Le salaire médian des diplômés des grandes écoles était en 2015 inférieur de 220 € par rapport à 1997, pour s’établir à 2 410 €. Celui des diplômés d’un Master 2 ou d’un doctorat a reculé de 200 €, tandis que celui des détenteurs de M1-Maîtrises-MST et de licences a légèrement décroché, respectivement d’environ 90 et 40 €.

L’étude pointe deux raisons à l’origine de cette baisse : « la conjoncture économique atone dans laquelle s’insère la [génération de 2 000 qui] est peu propice aux envolées salariales » et « le décalage entre la masse de diplômés et le volume d’emplois qualifiés disponibles ». Conséquence, de nombreux diplômés du supérieur subissent « un déclassement professionnel » et occupent des postes dont le niveau de qualification est plus bas que celui espéré avec leur diplôme. Selon le Céreq, l’augmentation de la part des femmes parmi les plus hauts diplômés pourrait aussi expliquer la baisse du pouvoir d’achat. Elles sont plus nombreuses que les hommes à travailler à temps partiel et davantage présentes dans la fonction publique, où les postes qualifiés de cadres sont moins bien rémunérés que dans le privé.

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Hausse de 30 à 200 € du salaire médian des moins diplômés

En revanche, pour les niveaux de diplôme en-deçà de la licence, le salaire médian a augmenté de 30 à 200 €. « Les moins qualifiés ont pu profiter du relèvement régulier du Smic dont les revalorisations, à l’exception des années 2010 et 2011, dépassent l’inflation depuis les années 1990 », expliquent les auteurs de l’étude.

Un meilleur accès et maintien dans l’emploi pour les plus diplômés

« Si le gain à court-terme escompté des études supérieurs ne semble plus à la hauteur de ce qu’un jeune pouvait en attendre à l’orée des années 1990 », ce gain se retrouve dans l’accès à l’emploi. Plus de la moitié des non-diplômés sont sans emploi en 2015, pour seulement 5 % des diplômés de grandes écoles.

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df
Sarah Corbeel
Publié le