Électroménager : les étiquettes énergie sont-elles fiables ?

Un groupement d’ONG environnementales dénonce les promesses des étiquettes énergétiques apposées sur les réfrigérateurs, lave-vaisselle et téléviseurs.
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L'efficacité énergétique est devenue le deuxième critère d'achat après le prix d'un appareil.
L'efficacité énergétique est devenue le deuxième critère d'achat après le prix d'un appareil.

Lors de l’achat d’une télévision ou d’un lave-vaisselle, le choix des consommateurs est guidé, après le prix, par l’étiquette énergie. Obligatoire depuis 1994, elle donne, sous la forme d’une échelle de lettres de A à G, une information sur la consommation d’électricité et éventuellement d’eau de nombreux appareils.

D’après une étude dévoilée mercredi 21 juin par le Bureau européen de l’environnement (BEE), la performance énergétique annoncée par l’étiquette serait surévaluée. Cette association fédérant une centaine d’ONG a mené des tests de consommation énergétique pendant 18 mois sur trois produits populaires : des réfrigérateurs, des lave-vaisselle et des téléviseurs.

Jusqu’à 32 % de consommation supplémentaire en conditions réelles

Résultat : entre les études réalisées en laboratoire et celles réalisées par les associations dans des conditions proches de la vie réelle, il y a un vrai écart. Par exemple, elles ont ouvert la porte de dix réfrigérateurs à des intervalles réguliers pendant une période donnée. En pratiquant ce geste, qui ne fait pas partie du protocole officiel, la consommation énergétique dépasse celle observée par les industriels. Pour un des dix modèles, une différence de 32 % est même constatée !

Les ONG ont également réalisé des tests sur sept téléviseurs. La modification d’un réglage sur l’écran peut déconnecter le mode éco entraînant une augmentation de la consommation de 130 % au maximum. Enfin, concernant les lave-vaisselle, le BEE critique l’utilisation systématique du mode « éco » par les fabricants pour tester l’efficacité de leur appareil. Un choix qui permet d’afficher plus facilement des étiquettes au classement positif. Or, si la fonction éco n’est pas activée, la consommation énergétique bondit de 70 % par rapport à ce qui est annoncé.

Une étiquette énergie simplifiée d’ici fin 2019

« Tout est fait pour que les résultats soient les plus positifs possible », dénonce à l’AFP Benoît Hartmann, directeur général du CLER, une ONG française membre du BEE. Selon lui, les industriels « essaient d’avoir la meilleure note possible parce que c’est le deuxième critère d’achat après le prix ».

Le BEE demande une révision des critères de tests afin qu’ils soient plus pertinents. La semaine dernière, le Parlement européen a annoncé l’adoption d’une étiquette énergie simplifiée dans l’Union européenne d’ici à fin 2019. Les classes A+ à A+++ sont supprimées, le système comprendra uniquement une échelle de A à G.

df
Sarah Corbeel
Publié le

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