Eau du robinet : 2,8 millions de Français boivent une eau polluée

2 min de lecture

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris

Voir mes favoris

Ce contenu a bien été supprimé de vos favoris

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
Les pesticides agricoles sont la premièe cause de pollution de l'eau du robinet.

Près de 96 % de la population française peut boire l’eau du robinet en toute tranquillité, d’après une étude de UFC-Que Choisir publiée jeudi 26 janvier sur la qualité de l’eau du robinet. Elle a été réalisée à partir des analyses de l’eau des réseaux de distribution des 36 568 communes de France et en prenant en compte 50 critères de qualité.

Si globalement l’eau est de bonne qualité, 2,8 millions de Français ont, en revanche, « une eau polluée, notamment par les pesticides, les nitrates ou le plomb », souligne l’enquête. Les pesticides agricoles, plus précisément les herbicides, sont la première cause de pollution de l’eau. Près de 2 millions de consommateurs ont ainsi accès à une eau contenant de l’atrazine ou encore du glyphosate. 2 379 réseaux de distribution à travers la France sont concernés, dans les régions d’agriculture intensive mais aussi dans des villes comme Lens, Tarbes et Auch.

Pollution par les nitrates, les bactéries, le plomb

Dans 370 communes, l’eau du robinet contient des nitrates, dus à l’agriculture intensive. C’est notamment le cas dans le Loiret, la Seine-et-Marne, l’Yonne, l’Aube, la Marne, le Pas-de-Calais et la Somme.

Les contaminations bactériennes dues aux défauts de surveillance ou à la vétusté des installations constituent la troisième pollution la plus fréquente. Près de 200 000 consommateurs sont concernés et plus particulièrement ceux résidant dans les petites communes rurales de montagne, dans les Pyrénées, le Massif Central et les Alpes.

Enfin, dernière cause de pollution : les canalisations vétustes qui entraînent la présence de cuivre, nickel, plomb ou encore chlorure de vinyle dans l’eau. 600 000 logements ont encore des canalisations construites en plomb. D’autres en PVC de mauvaise qualité sont également dangereuses pour la santé car elles dégagent dans l’eau du chlorure de vinyle monomère, responsable de cancer du foie et de cirrhoses.

L’association réclame l’intervention des pouvoirs publics

Ces différentes pollutions de l’eau ne sont pas « acceptables » pour l’association, l’alerte ayant été donnée depuis longtemps. Et si presque partout l’eau est de bonne qualité, ce n’est pas grâce aux changements des pratiques agricoles. La coûteuse dépollution est en effet financée à 87 % par les consommateurs et seulement à 6 % par les agriculteurs.

UFC-Que Choisir demande aux pouvoirs publics « une réforme en profondeur de la politique agricole de l’eau, par une véritable mise en œuvre du principe pollueur-payeur dans le calcul des redevances de l’eau, au moyen d’une augmentation de la taxation des pesticides et des engrais azotés et par un soutien financier aux agricultures biologiques et intégrées ».

Elle souhaite également un «audit national des composants toxiques des canalisations » afin d’estimer le niveau d’exposition des consommateurs. Dans le cas du plomb, elle réclame d’aider les particuliers à remplacer leurs canalisations. Car aujourd’hui, aucune aide n’existe.

A lire aussi