D’où vient la colère des policiers ?

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Une patrouille à Paris.
Une patrouille à Paris. Une patrouille à Paris.

Le gouvernement d’Edouard Philippe a déposé mardi 18 décembre un amendement au projet de loi de finances pour 2019, prévoyant le versement d’une prime de 300 € « aux 111 000 policiers et militaires qui ont participé aux récentes opérations » durant les 6 semaines de la crise des « gilets jaunes », selon l’exposé des motifs du texte. Mais la mesure n’a pas suffi à calmer l’ire de syndicats de policiers qui appellent à un mouvement de protestation mardi et mercredi. Si ces professionnels n’ont pas le droit de faire grève, différentes organisations souhaitent une restriction de l’activité, sans peser sur le traitement des urgences.

Epuisement

Des policiers indiquent souffrir d’une situation d’épuisement. Le conflit des gilets jaunes puis le relèvement du niveau du plan Vigipirate à « Urgence attentat » après l’attaque perpétrée le 10 décembre à Strasbourg ont accru la mobilisation des forces de l’ordre.

Dans un rapport présenté en juin dernier, une commission d’enquête sénatoriale relevait, parmi « les principaux facteurs à l’origine » du « malaise des forces de sécurité intérieure » :

  • une hausse de la charge de travail, imposée par la menace terroriste, « de nombreuses arrivées de migrants » et des « manifestations de grande ampleur sur la voie publique ;
  • une exposition de plus en plus forte à la violence.

Absence de paiement des heures supplémentaires

Les policiers doivent accomplir des heures supplémentaires qui ne sont ni payées ni récupérées. Seuls les CRS disposent d’une contrepartie, à hauteur de 12,47 € brut par heure, a indiqué à France Info Philippe Capon, secrétaire général du syndicat Unsa Police.

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a déclaré mardi vouloir travailler au « chantier » des heures supplémentaires, refusant toutefois un règlement immédiat de toute l’ardoise de l’Etat.

En juillet 2018, alors secrétaire d’Etat en charge des Relations avec le Parlement, il admettait au Sénat que « 21 820 000 heures supplémentaires » étaient en retard l’année dernière, un niveau « en progression de 3,1 % par rapport à 2016 ».

Insuffisance des moyens

Au-delà du sujet des heures supplémentaires, les syndicats de policiers réclament une hausse des moyens.

La commission d’enquête sénatoriale déplorait des « voitures qui tombent en panne en pleine rue, dépourvues de sirène ou dont les portes coulissantes se détachent, l’obligation d’acquérir ses propres chaussures et son propre ceinturon tant la qualité des fournitures officielles laisse à désirer, l’équipement à faire entrer dans le coffre du véhicule ».

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