Données personnelles : le règlement européen ePrivacy inquiète

Un projet de règlement européen, baptisé ePrivacy, concernant la protection des données privées des internautes inquiète entreprises et associations de défense des droits et libertés des citoyens.

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La gestion des cookies pourrait être déléguée aux interfaces de navigation.
La gestion des cookies pourrait être déléguée aux interfaces de navigation. La gestion des cookies pourrait être déléguée aux interfaces de navigation.

En parallèle du Règlement sur la protection des données personnelles (RGPD) qui va entrer en vigueur le 25 mai prochain, Bruxelles planche sur un autre projet appelé règlement ePrivacy. Il est destiné à remplacer une directive européenne de 2002 qui obligeait les entreprises de télécommunications à protéger les données privées de leurs utilisateurs. Le nouveau règlement s’appliquera également aux communications électroniques (boîtes mails, WhatsApp).

Actuellement, lorsqu’un internaute se rend sur un site Web, il est invité à accepter l’utilisation de cookies. Ces petits fichiers permettent de pister ses habitudes de navigation et d’afficher sur les sites qu’il visitera des publicités ciblées.

Le futur règlement prévoit de simplifier le dispositif. S’il est adopté, chaque internaute décidera dès sa première connexion à son navigateur, du niveau de protection qu’il souhaite pour l’ensemble des sites qu’il visitera par la suite, et non plus site par site.

La gestion des cookies par les interfaces de navigation inquiète

Cette disposition inquiète les principales organisations professionnelles de la presse écrite française, les groupes audiovisuels (TF1, BFMTV), digitaux (Webedia) et télécoms (Orange, SFR, Bouygues) ou encore les acteurs de la publicité en ligne. En tout, une cinquantaine d’entreprises et organisations européennes ont signé mercredi 7 mars une lettre ouverte pour dénoncer le projet de règlement.

Selon eux, déléguer la gestion des cookies aux interfaces de navigation renforcera la mainmise des géants du Web – Google, Apple, Facebook, etc. – sur les données des internautes européens et menacera « le développement des start-up et des entreprises innovantes européennes » qui verront leurs collectes de revenus publicitaires avec des messages ciblés et pertinents diminuer.

Cette disposition réduira également « l’investissement possible dans un journalisme de qualité partout en Europe, en empêchant les éditeurs de presse et les médias d’établir une relation de confiance avec leurs lecteurs et de valoriser leurs contenus éditoriaux », déplorent les médias européens.

En effet, les cookies permettent aux sites d’infos de mieux mesurer leur audience, et de proposer aux lecteurs des articles susceptibles de les intéresser. Selon une étude Deloitte relevée par Le Figaro, ePrivacy pourrait être responsable de la chute de 30 % des revenus de la presse nationale à l’horizon 2020.

Géolocalisation des clients sans leur consentement

Autre changement : les entreprises comme les boutiques pourront collecter et utiliser les données issues de la géolocalisation sans le consentement des clients. Seule condition : les personnes devront avoir été prévenues via une affiche par exemple. Cette dernière devra préciser la façon dont il est possible d’éviter cette surveillance (en coupant l’accès au réseau sur le smartphone). « Un gérant d’un centre commercial pourra tracer les déplacements de tous ses clients : savoir dans quels magasins ils s’arrêtent, le temps qu’ils y passent, avec qui, le nombre de fois qu’ils y reviennent dans les mois suivants, etc. », s’inquiète l’association de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet, la Quadrature du Net.

Le Parlement européen a décidé que les statistiques devront rester anonymes mais cette limite ne satisfait pas la Quadrature du Net puisque « les données seraient conservées aussi longtemps que nécessite la réalisation des statistiques ».

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