Restaurants, cinémas, salles de concert… Des propositions en faveur de leur réouverture

Des députés de tous bords souhaitent voir les établissements de restauration servir des repas en salle le midi. Des acteurs de la culture veulent de la « visibilité aux professionnels sur leur calendrier de reprise ». Dans le cadre d’expérimentations, des concerts sont prévus à Paris et à Marseille.

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Covid-19
© Lucien Libert – Reuters

Les professionnels de la restauration et de la culture s’inquiètent de la fermeture persistante des restaurants et des lieux de culture, maintenue pour limiter la propagation de la pandémie de Covid-19. Ils tentent de convaincre le gouvernement de Jean Castex de permettre leur réouverture, au travers de propositions.

La réouverture des restaurants pour le déjeuner

Se faisant l’écho d’une demande des professionnels, quarante-deux députés de tous bords ont signé une tribune mise en ligne samedi 27 février par Le Journal du dimanche, réclamant au Premier ministre, Jean Castex, la réouverture de tous les établissements de restauration, mais seulement pour les déjeuners, non pour la prise des autres repas ou des boissons.

« Une ouverture des restaurants dans leur ensemble ne pourrait-elle pas être envisagée, ceci tout en modulant les aides accordées par l’Etat, après concertation avec les organisations professionnelles ? », font mine de s’interroger les élus dans leur texte, dont le premier signataire est le député Mouvement démocrate (Modem) Richard Ramos.

Des « salariés peuvent déjeuner dans leur restaurant d’entreprise, d’autres sont contraints de se restaurer dehors ou dans leurs bureaux », rappellent ces parlementaires, notant que « ces lieux ne sont pas adaptés et ne permettent pas à chaque salarié de prendre une pause convenable, d’avoir une coupure raisonnable dans leur journée de travail ».

Depuis le début de la crise liée à la pandémie de Covid-19, « la quasi-totalité des professionnels du secteur ont toujours respecté les consignes sanitaires et mis en place des procédures strictes dans leurs établissements », plaident les élus.

La lettre a été signée par des députés issus notamment de La France insoumise (LFI), de La République en marche (LREM), du parti Les Républicains (LR), du Parti communiste français (PCF) ou de l’Union des démocrates indépendants (UDI).

Si les restaurants d’entreprise sont ouverts, des restaurants accueillant des salariés du bâtiment et travaux publics (BTP) peuvent continuer à servir leurs clients en salle, comme le soulignent les parlementaires. Des relais routiers, destinés aux conducteurs de poids lourds, ont également le droit de continuer à accueillir ces professionnels dans leurs murs.

En général, les restaurants ont pu accueillir des clients en salle pour la dernière fois le 29 octobre 2020, à la veille du début du second confinement national. Depuis, ils ne peuvent plus pratiquer que la vente à emporter et la livraison à domicile. Les entreprises du secteur souffrent financièrement de cette situation, arguant qu’elle les met en danger et constitue une atteinte à l’art de vivre à la française.

« Réouverture progressive des établissements culturels »

Une série d’acteurs de la culture ont publié dans Le Parisien une lettre réclamant de continuer « les négociations menées pour la réouverture progressive des établissements culturels » et de « donner une véritable visibilité aux professionnels sur leur calendrier de reprise ».

Ils demandent en outre une accélération de « la mise en œuvre des aides prévues par le plan de relance » et un développement « des mesures complémentaires pour accompagner les artistes, les auteurs et les créateurs et l’ensemble des professionnels », indique le texte, mis en ligne dimanche.

Cet appel au président de la République, Emmanuel Macron, est notamment signé par la Fédération nationale des cinémas français (FNCF), le Prodiss, organisation patronale du spectacle musical et de la variété ou la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem).

Des professionnels mènent des expérimentations afin de mesurer les risques de contamination au Covid-19 induits par l’organisation de concerts, totalement interdits depuis la fin du mois d’octobre.

Le Prodiss indique sur son site préparer, avec le soutien de la mairie de la capitale, « une expérimentation scientifique dans le cadre d’un concert en jauge debout, portée par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui devrait avoir lieu en avril à l’Accor Arena ».

Un autre test est prévu à Marseille, couvrant 2 000 personnes volontaires âgées de 20 à 35 ans, sans facteurs de comorbidité, selon Le Monde.

Ce groupe va être divisé en deux groupes de 1 000 personnes, précise le quotidien. Fin mars ou début avril, l’un assistera à un concert d’artistes marseillais au Dôme, une salle pouvant rassembler quelque 8 000 spectateurs. Une semaine plus tard, l’autre groupe assistera à un nouveau concert au même endroit. « Chaque volontaire passera un test salivaire le jour du concert et sera admis dans la salle, même si le test positif », explique Le Monde. « Avec un masque FFP2, qui sera obligatoire, et la distanciation, nous partons de l’idée que le virus ne se transmet pas », a expliqué au quotidien Constance Delaugerre, professeure en virologie, chargée de diriger l’équipe de scientifiques menant les expérimentations. Sept jours après chaque concert, les spectateurs devront se prêter à un second test.

Le processus menant à l’organisation effective des concerts à Paris et à Marseille est encore long. D’après Le Monde, les protocoles de ces deux tests sont en cours de rédaction. Ils devront obtenir des avis favorables des comités d’éthique et de protection de la personne et de l’Agence nationale de recherche sur le sida et les maladies infectieuses émergentes (ANRS-MIE). Les préfets de Paris et des Bouches-du-Rhône devront donner leur autorisation. Enfin, un décret devra être publié.

Hormis les bibliothèques et les établissements d’enseignement, les lieux culturels sont tous fermés au public depuis le second confinement national. Les artistes peuvent cependant participer à des répétitions. Des représentations sont ouvertes aux journalistes, en jauge ultra-réduite.

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