Déchets radioactifs : un débat public pour recueillir l’avis des citoyens

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Une grande consultation nationale est organisée jusqu’au 25 septembre sur la gestion des déchets radioactifs.
Une grande consultation nationale est organisée jusqu’au 25 septembre sur la gestion des déchets radioactifs. Une grande consultation nationale est organisée jusqu’au 25 septembre sur la gestion des déchets radioactifs.

A l’occasion de la cinquième édition du « Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs », revu tous les trois ans depuis 2006, les Français sont, pour la première fois, invités à s’exprimer sur le devenir des déchets radioactifs. Cette consultation nationale, qui a débuté mercredi 17 avril, doit durer jusqu’au 25 septembre.

Fin 2017, la France en comptait 1,62 million de mètres cubes, soit l’équivalent de 648 piscines olympiques, d’après le dernier bilan de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). 59 % proviennent de l’industrie électronucléaire, 28 % de la recherche, 9 % de la défense, 3 % de l’industrie non-nucléaire et 1 % du médical. De nature très diverse (gravats, ferrailles, gants, filtres, résines, blouses, pipettes, etc.), ces déchets sont classés en 6 catégories en fonction de leur niveau de radioactivité et de leur durée de vie. Ils sont disséminés sur plus de 950 sites de stockage et d’entreposage (en attente d’une solution de stockage) sur le territoire.

Un débat aux enjeux technologiques, économiques et éthiques

L’objectif du débat national est d’éclairer les citoyens sur un sujet complexe et de dépasser les questions techniques. « La gestion des matières et déchets radioactifs nous concerne tous. Nous voulons donner une dimension plus complète du sujet, voir derrière ce que ça signifie pour la société », explique à l’AFP Isabelle Harel-Dutirou, présidente de la commission particulière en charge du débat public. Le sujet renvoie à des enjeux de santé, de sécurité, de protection de l’environnement.

De nombreux sujets vont être abordés comme celui des déchets de très faible radioactivité (gravats, ferraille, etc.), dont les volumes vont augmenter avec le démantèlement des centrales nucléaires. Ils sont stockés au Cires (Centre industriel de regroupement, d’entreposage et de stockage) dans l’Aube mais celui-ci pourrait arriver à saturation entre 2025 et 2030.

Autre question soulevée : la gestion à long terme des déchets les plus radioactifs. Une loi sur le nucléaire de 2006 a fait le choix d’un stockage géologique profond ayant donné naissance au projet Cigéo à Bure, entre les départements de la Meuse de la Haute-Marne, où l’Etat prévoit d’enfouir à 500 mètres de profondeur les déchets nucléaires les plus dangereux. Il s’agit de ceux de moyenne activité à vie longue (MA-VL) et de haute activité à vie longue (HA-VL) qui proviennent essentiellement du traitement des combustibles utilisés dans les centrales nucléaires. Ils ne représentent que 3 % du volume total des déchets radioactifs en France mais restent de forte radioactivité pendant des centaines de milliers d’années. Le projet Cigéo est très controversé.

Le débat public abordera également la question des combustibles usés entreposés dans les piscines de refroidissement des centrales et à La Hague, la sûreté et la sécurité des installations et des transports ou encore le coût et les risques de la gestion des déchets.

Comment participer au débat public ?

Tous ces sujets, qui engagent les générations futures, seront ouverts à la discussion. 23 manifestations publiques sont prévues d’ici fin septembre : sept réunions publiques généralistes à Paris, Lille, Rennes, Bordeaux et Strasbourg ainsi que seize rencontres thématiques dans des territoires concernés par l’activité nucléaire. En parallèle, les citoyens pourront donner leur avis et formuler des propositions sur les priorités du futur plan sur une plateforme en ligne.

Une commission neutre composée de huit membres animera le débat public dans toute la France. A l’issue de la consultation nationale, un compte-rendu sera rendu au ministère de la transition écologique et solidaire.

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