Comment fonctionne le Samu ?

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Chaque année, le SAMU reçoit quelque 25 millions d’appels.
Chaque année, le SAMU reçoit quelque 25 millions d’appels. Chaque année, le SAMU reçoit quelque 25 millions d’appels.

La vie de Naomi Musenga aurait-elle pu être sauvée si le Samu de Strasbourg avait pris son appel au sérieux ? Le 29 décembre 2017, la jeune femme de 22 ans, mère d’une petite fille de 18 mois, est prise de violentes douleurs au ventre. Seule chez elle, elle appelle la police, qui transfère son appel aux pompiers, qui eux-mêmes la redirigent vers le SAMU.

Selon l’enregistrement de l’échange révélé par le mensuel alsacien Heb’di, on entend Naomi Musenga à bout de force demander de l’aide : « J’ai mal au ventre », « J’ai mal partout », « Je vais mourir… ». « Vous allez mourir, certainement un jour comme tout le monde », lui répond d’un ton agacé l’opératrice qui lui dit d’appeler SOS Médecins. En aparté, la jeune femme est également moquée par l’opératrice qui régule les appels du SAMU et celle du Centre de traitement des alertes (CTA) des pompiers du Bas-Rhin.

Au bout de cinq heures, elle parvient à joindre les urgences médicales qui font intervenir le Samu. Emmenée à l’hôpital, elle décède après deux arrêts cardiaques. Selon Le Monde, qui s’est procuré le rapport d’autopsie, la jeune femme a été victime d’une « défaillance multiviscérale sur choc hémorragique ».

Mercredi 9 mai, le parquet de Strasbourg a ouvert une enquête préliminaire pour non-assistance à personne en péril. Une enquête administrative a également été ouverte par les hôpitaux de Strasbourg et l’opératrice qui avait pris l’appel a été suspendue « à titre conservatoire ».

>A LIRE : Samu, pompiers, police : les numéros d'appel en cas d'urgence

Quelles sont les missions du SAMU ?

Le service d’aide médicale urgente (SAMU) est chargé d’organiser les urgences en dehors de l’hôpital. Il gère les appels au « 15 » ainsi qu’au « 112 » (le numéro européen unique). Le SAMU a pour mission d’assurer une écoute médicale permanente – le centre d’appels répond 24h/24 – de déterminer et déclencher la réponse la mieux adaptée à la nature des appels, de s’assurer de la disponibilité des moyens d’hospitalisation et d’organiser le cas échéant le transport dans un établissement public ou privé.

Il existe un SAMU par département, implanté en général dans l’hôpital de la ville préfecture.

Que se passe-t-il lorsqu’on appelle le SAMU ?

Lorsque l’on compose le 15, c’est un assistant de régulation médicale (ARM) qui prend l’appel. Cet agent administratif – qui n’est pas médecin – est chargé de créer une fiche de renseignements sur le patient en recueillant son état civil (nom, âge, sexe), sa localisation et les raisons de son appel. Il fait une première évaluation de la gravité de la situation mais ne doit jamais prendre de décision seul, excepté en cas d’urgence vitale, où là il peut déclencher l’envoi des secours.

Une fois les renseignements pris, l’opérateur doit normalement orienter l’appel vers un médecin régulateur, qui peut être urgentiste ou exercer en libéral et travailler régulièrement pour le SAMU. Ce dernier doit évaluer l’état médical du patient et décider de la procédure à suivre. S’il juge la situation sans gravité, il peut donner un simple conseil médical ou réorienter le patient vers son médecin traitant ou un service hospitalier adapté, que ce soit les urgences ou un service de cardiologie par exemple.

Dans les cas plus graves, le médecin peut décider d’envoyer une ambulance si un transport sous surveillance est nécessaire, opter pour l’envoi des pompiers si des gestes de premiers secours sont requis ou envoyer une équipe de réanimation hospitalière (SMUR) en cas d’urgence vitale afin de faire intervenir un médecin urgentiste.

Si le patient doit être hospitalisé, le médecin régulateur et l’ARM s’assurent de sa bonne prise en charge.

Combien d’appels sont traités par an ?

En trente ans, le nombre d’appels est passé de moins de quatre millions par an en 1988 à 24,6 millions en 2016, selon le ministère de la Santé. Et les centres de régulation ont souvent du mal à faire face. « Notre programme de modernisation va devoir être accéléré », explique au Figaro le Dr François Braun, président du Samu-Urgences de France. « L’activité augmente entre 8 et 10 % par an, mais les effectifs n’ont pas bougé depuis cinq ans ».

Par ailleurs, la formation des assistants de régulation médicale (ARM), bien qu’obligatoire, n’est pas homogène. « Aucun diplôme national n’existe », et les opérateurs sont formés « soit dans une école, soit par des associations, soit sur le tas », de manière « très variable », regrette Patrick Pelloux, président de l'Association des Médecins Urgentistes de France (AMUF).

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