Coiffeur : est-il normal que les femmes paient plus cher ?

L’association de défense des consommateurs, Consommation, logement et cadre de vie (CLVC), dénonce le manque de visibilité des tarifs sur les vitrines des salons de coiffure et les différences de prix pratiqués entre les hommes et les femmes, soit un écart de plus de 46 %.

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L’association CLCV dénonce une surfacturation fréquente des tarifs femme par rapport aux tarifs homme.
L’association CLCV dénonce une surfacturation fréquente des tarifs femme par rapport aux tarifs homme. L’association CLCV dénonce une surfacturation fréquente des tarifs femme par rapport aux tarifs homme.

Alors que chaque jour, près d’un million de Français se font coiffer à domicile ou poussent les portes de l’un des 64 000 salons de coiffure que compte la France, l’association de défense des consommateurs CLCV (Consommation, logement et cadre de vie) a voulu vérifier que l’obligation d’afficher les tarifs sur la vitrine était respectée.

En application d’un arrêté datant de 1987, « les exploitants de salons de coiffure sont tenus d’afficher en vitrine, de manière visible et lisible de l’extérieur, un tarif comportant au moins dix prix TTC des prestations les plus courantes, s’il s’agit de salons pour hommes ou de salons pour dames et au moins vingt prix TTC, dont dix pour hommes et dix pour dames, s’il s’agit de salons mixtes ». Quant aux forfaits, le détail des prestations doit être indiqué.

Des problèmes d’affichage dans 21,3 % des salons de coiffure

D’août à octobre 2018, les enquêteurs ont vérifié les pratiques de 902 salons de coiffure. Résultat, « seulement 78,8 % des établissements affichent des tarifs visibles et lisibles sur leur vitrine », déplore la CLCV. Ils sont en effet 21,3 % à ne pas respecter la réglementation : dans 12,8 % des cas, aucun affichage des prix n’était visible et dans 8,4 %, l’affichage était peu visible (tarifs décolorés par le soleil, écrits en caractères trop petits ou datant de plusieurs années). Or, le défaut d’information préalable sur les tarifs est sanctionné par une amende administrative d’un montant de 3 000 euros pour une personne physique et de 15 000 euros pour une personne morale (article L131-5 du Code de la consommation).

Les forfaits ne sont pas détaillés

Concernant le détail des prestations composant les forfaits (shampoing + coupe + coiffage, etc.), les enquêteurs n’ont pas pu déterminer leur existence dans 21 % des salons inspectés. Le consommateur doit alors additionner les prix des différentes prestations qu’il souhaite (coupe + coiffage, etc.). Dans 19 %, les forfaits sont mentionnés mais sans aucun détail.

Et « même lorsqu’ils sont affichés, les comparer pose problème », note l’association. Par exemple, le prix de la coloration peut désigner la coloration seule ou le forfait « shampoing + coupe + coloration » et le forfait « coupe coiffage » peut comprendre dans certains cas un shampoing et dans d’autres non.

Autre manquement observé : l’affichage des prix des produits exposés en vitrine (soins capillaires, cosmétiques, accessoires). Dans les 40 % de salons de coiffure qui en exposent, 37,7 % affichaient clairement les tarifs, 14,7 % partiellement et 47,6 % pas du tout.

Des écarts de tarifs hommes/femmes pas toujours justifiés

L’association CLCV note, par ailleurs, « une surfacturation fréquente des tarifs femme par rapport aux tarifs homme », y compris sur des prestations similaires. Le forfait « shampoing + coupe + séchage/coiffage », quelle que soit la longueur des cheveux, coûtait en moyenne 20,45 euros pour les hommes et 30,07 euros pour les femmes, soit un écart de plus de 46 %. Une différence tarifaire « qui peine à trouver une justification ».

La CLCV a mis en ligne une pétition pour interpeller Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes, sur le sujet. Elle demande « l’instauration, dans tous les salons de coiffure, d’un forfait « shampoing-coupe-séchage/coiffage » tarifé uniquement en fonction du travail fourni, du temps passé et des produits utilisés ».

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