Climat : ce qu’il faut savoir sur la COP23

La 23e conférence de l’ONU sur le climat s’ouvre ce lundi à Bonn, en Allemagne. L’objectif est de concrétiser l’accord de Paris signé en 2015, qui vise à contenir le réchauffement climatique sous la barre des 2°C.

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Les représentants de près de 200 pays se retrouvent à Bonn, en Allemagne, pour deux semaines de négociations climatiques.
Les représentants de près de 200 pays se retrouvent à Bonn, en Allemagne, pour deux semaines de négociations climatiques.

Cette année, la conférence des parties de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC), plus connue sous l’acronyme COP, se déroule du 6 au 17 novembre. Après la France en 2015 (COP21) et le Maroc l’an dernier (COP22), ce sont les îles Fidji qui président les négociations, dont l’objectif est de concrétiser l’accord de Parispour le climat, signé en 2015. Pour des raisons logistiques - l’archipel n’étant pas en mesure d’accueillir 15 à 20 000 personnes sur un seul site - la conférence se tient à Bonn en Allemagne.

Pourquoi les îles Fidji ?

Depuis 1995, la communauté internationale se rassemble une fois par an lors d’une COP (conférence des parties) pour discuter de la lutte contre le réchauffement climatique. C’est la première fois qu’une de ces conférences est dirigée par un petit Etat insulaire, les Fidji. Cet archipel du Pacifique est particulièrement exposé aux conséquences du changement climatique comme la montée du niveau des océans.

Un contexte d’urgence climatique

La COP23 se déroule dans un contexte d’urgence climatique. Les ouragans des Caraïbes et les inondations de mousson en Asie du Sud-Est, notamment, ont été particulièrement violents en cette année 2017.

Et les rapports scientifiques alarmistes s’accumulent. Fin octobre, l’Organisation météorologique mondiale révélait que la concentration dans l’atmosphère du dioxyde de carbone (CO2), l’un des gaz responsables du réchauffement climatique, avait atteint un niveau record en 2016, dépassant le seuil symbolique des 400 parties par million (ppm) de CO2. Les émissions de CO2, liées aux activités humaines (industries, transports, déforestation…), ont été aggravées par le phénomène climatique El niño, caractérisé par une augmentation anormale de la température des eaux du Pacifique-Est.

« La dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a trois à cinq millions d’années : la température était de 2 à 3°C plus élevée et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres par rapport au niveau actuel », en raison de la fonte des nappes glaciaires, précise le rapport. Pour avoir une chance de contenir la hausse des températures moyennes sous les 2°C d’ici à 2100, il faut empêcher la concentration moyenne de CO2 dans l’atmosphère d’excéder 450 ppm, selon le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).

Mettre en œuvre l’accord de Paris

Le principal enjeu de la conférence est de négocier les règles de mise en œuvre de l’accord de Paris, adopté en décembre 2015 à l’issue de la COP21 par 195 Etats. Entré en vigueur le 4 novembre 2016, le texte est à ce jour ratifié par 169 pays. Il vise à contenir le réchauffement climatique sous la barre des 2°C, si possible 1,5°C, par rapport au niveau d’avant la Révolution industrielle. L’accord ne pose pas d’objectif contraignant de baisse desémissions de gaz à effet de serre (GES) pour chaque pays, chacun se fixe lui-même ses ambitions pour 2025 ou 2030. L’ONU appelle d’ailleurs les Etats à renforcer leur contribution à l’accord de Paris car les engagements nationaux présentés à la COP21 poussent encore le mercure à plus de 3°C d’ici 2100. En France, Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique, a par exemple lancé en juillet dernier le Plan Climat.

La COP23 s’annonce comme une conférence plutôt technique qui doit préparer celle qui se tiendra en Pologne en 2018. C’est lors de la COP24 que l’on connaîtra les détails de la mise en œuvre concrète de l’accord de Paris.

Maintenir le consensus mondial

Le 1er juin dernier, le président des Etats-Unis, Donald Trump, annonçait le retrait de son pays de l’accord de Paris. Toutefois, la sortie du deuxième plus gros émetteur de GES de la planète ne pourra pas être effective avant novembre 2020 et une délégation américaine participera bien à la COP23. La principale inconnue reste donc de voir si le désengagement américain aura un impact sur les autres pays.

df
Sarah Corbeel
Publié le

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