Assurance chômage : la dégressivité des allocations de retour dans le débat

Les ministres du Travail, de l’Économie et des Finances ont évoqué la « piste » de la dégressivité des allocations chômage pour alléger la dette de l’Unédic. Dans quelques semaines, s’ouvrent les négociations sur la nouvelle convention d’assurance chômage.  

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Myriam El Khomri, ministre du Travail, le 9 septembre 2015.
Myriam El Khomri, ministre du Travail, le 9 septembre 2015.

C’est la ministre du Travail, Myriam El Khomri, qui a relancé le débat dimanche. Sur l’antenne de BFM TV, la ministre a déclaré que « toutes les pistes doivent être étudiées pour négocier les nouvelles règles de l’assurance-chômage, y compris la dégressivité des allocations ». Le lendemain, le ministre des Finances et des Comptes publics, Michel Sapin, est allé dans le même sens sur la chaîne I-Télé. La dégressivité des allocations « fait partie des choses qui seront discutées par les partenaires sociaux » a-t-il affirmé avant le début des négociations sur l’assurance chômage, prévues autour du 20 février. Le même jour, Emmanuel Macron, en charge du ministère de l’Économie a confirmé que « la dégressivité » des allocations chômage devaient bien faire partie des sujets « dont les partenaires sociaux auront à discuter ».

C’est François Hollande qui a rouvert le débat, à demi-mots le 18 janvier. « En France, la durée d’indemnisation est la plus longue d’Europe mais la durée de formation des chômeurs est la plus courte », a déclaré le président lors de de ses vœux aux forces économiques.

L’Unédic endettée à hauteur de près de 30 milliards d’euros fin 2016

Le sujet est donc posé sur la table pour les prochaines négociations sur l’assurance-chômage qui s’ouvrent autour du 20 février pour une entrée en vigueur le 1er juillet. Les partenaires sociaux ont pour mission de trouver un accord pour assainir les finances de l’Unédic qui devraient atteindre 29,4 milliards d’euros de dettes à la fin de l’année. La dette de l’Unédic pourrait même grimper jusqu’à 35 milliards d’euros fin 2018.

Déjà introduite en 1992, la dégressivité des allocations n’avait pourtant pas fait ses preuves. A cette époque, le système instaurait une allocation stable pendant les neuf premiers mois avant de baisser de 17 % tous les quatre mois jusqu’à atteindre le plancher fixe de 2330 francs. Neuf ans après, la mesure a été abandonnée, sans preuve de son effet incitatif à la reprise d’emploi. Une étude de l’Insee de 2001 a même conclu qu’elle avait ralenti le retour à l’emploi, indépendamment de la conjoncture économique.

Les syndicats ont affiché leur opposition face à ce qu’ils estiment être une « mauvaise mesure » pour Éric Aubin, de la CGT. Pour la CFDT, c’est « humainement stupide et économiquement un non-sens » a déclaré sur les ondes de RTL Véronique Descacq.

Pourtant, les économies doivent être réalisées, et vite. Un rapport du gouvernement dont l'AFP a eu copie presse l’assurance chômage d’économiser déjà 800 millions d’euros cette année. Pour ce faire, le document met en avant plusieurs « mesures susceptibles de contribuer à atteindre l’équilibre financier à moyen terme ». Trois leviers d’économies sont évoqués : le taux de contribution des salariés et des employeurs, la durée d’indemnisation et le niveau des allocations.

df
Marie Dagman
Publié le

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