Retraites, fonction publique, Smic : quels revenus vont augmenter (ou pas) au début du prochain quinquennat ?

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Les retraites de base vont augmenter « cet été ». - © Marian Vejcik - iStock

L’inflation accélère. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), « les prix à la consommation » ont crû en mars de 4,5 % sur un an et de 1,4 % durant le mois dernier. Emmanuel Macron, réélu à la présidence de la République dimanche 24 avril, a promis pour le début de son prochain quinquennat des revalorisations de revenus sur lesquels l’Etat est en mesure d’agir. Son second mandat « commencera au plus tard le 13 mai », après la démission du gouvernement de Jean Castex, rappelle le site officiel Vie publique.

Revalorisation des retraites de base à hauteur de l’inflation

Le chef de l’Etat a annoncé sur TF1 le 6 avril, à quatre jours du premier tour de l’élection présidentielle, une revalorisation des retraites de base, soit celles versées par la Sécurité sociale, « dès cet été ». La hausse sera dans l’« ordre de grandeur » de 4 %, a fait savoir le lendemain sur France Info le ministre de l’Economie, des finances et de la relance, Bruno Le Maire, qui n’a pas voulu « donner de chiffre précis, parce que ça dépendra de l’évolution de l’inflation dans les semaines qui viennent ».

Une telle « mesure d’urgence » et « de justice » pourra précéder une éventuelle nouvelle hausse le 1er janvier 2023. « Il peut parfaitement y avoir une nouvelle indexation », a-t-il souligné.

« Vraisemblablement, le gouvernement devra faire adopter un projet de loi de financement rectificative de la Sécurité sociale pour prévoir une telle revalorisation », commente auprès de Dossier Familial Frédéric Sève, secrétaire national de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), où il est chargé du dossier des retraites. « L’Etat s’est fait surprendre par l’inflation qui a accéléré au premier trimestre 2022, la prévision d’inflation pour l’année 2022 s’avère fortement erronée, ce qui justifie une revalorisation anticipée par rapport à la date habituelle du 1er janvier », analyse Frédéric Sève.

Emmanuel Macron n’a pas promis de hausse de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa, ancien minimum vieillesse).

Des mesures en faveur des rémunérations des fonctionnaires

Entre les deux tours de l’élection présidentielle, il a détaillé le 15 avril sur France Info les mesures qu’il souhaite voir mises en œuvre en faveur des rémunérations des fonctionnaires.

« L’indice minimum de traitement de la fonction publique sera lui-même revalorisé », a-t-il fait savoir, en application de la revalorisation automatique du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) de 2,65 % le 1er mai. Une telle mesure va bénéficier aux fonctionnaires de catégorie C, les moins bien payés.

Le candidat a promis pour « l’été […] une réforme complète des grilles et de l’organisation de la fonction publique », après concertation et négociation. Selon Emmanuel Macron, « le système en catégories C, B et A a beaucoup de rigidité, on voit bien, et est un peu à bout de souffle »« Et ensuite, il y aura en effet une revalorisation du point qui doit se faire de telle sorte qu'il rattrape, il permette d’accompagner si je puis dire les éléments de pouvoir d’achat », a expliqué le candidat, sans se risquer à évoquer un « chiffre », qui « sera un peu le fruit de la négociation ».

Pas de coup de pouce au Smic

Si le Smic doit grimper automatiquement le 1er mai, l’éventualité d’un coup de pouce, soit une hausse du salaire minimum en dehors des revalorisations liées à l’inflation, ne figure pas parmi les promesses de campagne d’Emmanuel Macron.

Durant son premier quinquennat (2017-2022), les gouvernements d’Edouard Philippe et de Jean Castex n’ont pas mis en œuvre de coup de pouce.

Pas de hausse des retraites complémentaires des anciens salariés avant novembre

La revalorisation des retraites complémentaires ne dépend pas de l’Etat. « Le calendrier est différent, la mécanique est différente », rappelle Frédéric Sève, de la CFDT, comparant les pensions de base et les retraites complémentaires des anciens salariés du privé, versées par le régime Agirc-Arrco.

Les organisations syndicales et patronales représentées dans le conseil d’administration du régime vont fixer en octobre l’évolution de la valeur du point, donc des retraites complémentaires Agirc-Arcco, qui entrera en vigueur le 1er novembre. Elles se fonderont sur l’inflation estimée par l’Insee sur toute l’année, explique Frédéric Sève. Pour déterminer la hausse, elles disposent d’une marge de manœuvre comprise entre plus et moins 0,5 % par rapport à la prévision de l’organisme. 

En octobre 2021, les organisations syndicales et patronales ont décidé une revalorisation de la valeur de service du point à hauteur de 1 %, soit un écart de 0,5 % en moins par rapport à l’anticipation de 1,5 %. À l’automne prochain, « on verra ce qu’on peut faire en fonction de la situation » financière de l’Agirc-Arrco, précise Frédéric Sève.

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