Pouvoir d'achat : les dépenses contraintes pèsent plus lourdement sur le budget des ménages

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© Tijana Simic

Les dépenses pré-engagées pèsent de plus en plus lourd dans le budget des ménages français, d’après une étude de France Stratégie publiée mardi 31 août. Elles sont passées entre 2001 et 2017 de 27 % à 32 % des dépenses totales, ce qui explique le « netdécrochage entre pouvoir d'achat perçu et pouvoir d'achat mesuré», explique cet organisme rattaché à Matignon.

C’est quoi les dépenses pré-engagées ?

Ce sont toutes les dépenses engagées par contrat et difficilement renégociables à court terme : loyers, remboursements d’emprunts, abonnements téléphoniques et internet, assurances, frais de cantine, redevance télé, etc. Elles font le plus souvent l’objet d’un débit automatique ou quasi-automatique.

Les dépenses liées au logement (loyer, charges et remboursement de prêts immobiliers) sont de loin le premier poste parmi les dépenses pré-engagées. En 2017, elles en représentaient en moyenne 68 %. « Au total, 23 % de l’ensemble des dépenses des ménages (pré-engagées ou non) sont consacrées à payer un loyer, rembourser un emprunt immobilier, se chauffer, s’éclairer et assurer son logement », note France Stratégie.

Quel est le poids des dépenses contraintes selon les catégories de population ?

Le poids des dépenses pré-engagées affecte les ménages de façon contrastée. Elles représentent 41 % de la dépense totale des ménages pauvres, contre seulement 28 % de la dépense totale des ménages aisés, un écart qui a beaucoup augmenté au fil des années, puisqu’il était seulement de 6 points en 2001.

De même, la part des dépenses pré-engagées culmine à 45 % pour les familles pauvres monoparentales, alors qu’elle atteint 23 % pour les couples aisés sans enfant et 29 % pour les couples aisés avec au moins un enfant. Elle n’est pas non plus la même en fonction de l’âge. Elle passe de 34 % avant 30 ans à 28 % entre 60 et 74 ans, et remonte à 31 % après 75 ans, sous l’effet de l’alourdissement de la facture des assurances complémentaires de santé.

Surtout, « les dépenses pré-engagées dépendent crucialement du statut d’occupation du logement », explique France Stratégie. Leur part dans le total des dépenses est ainsi beaucoup plus élevé pour les locataires (31 % en moyenne) et les accédants à la propriété (29 %) que pour les propriétaires (11 % en moyenne).

Que reste-t-il aux ménages après avoir déduit les dépenses pré-engagées ?

Une fois les dépenses pré-engagées déduites du revenu disponible (revenu calculé après prestations reçues et impôts directs versés), on obtient le revenu arbitrable, c’est-à-dire ce qu’il reste réellement aux ménages pour régler leurs autres dépenses (alimentaires, habillement, etc.).

Ici, l’étude divise la population en quatre catégories de revenus, les pauvres ayant un revenu médian de 819 € par unité de consommation (une personne dans le cas d'un célibataire, 1,5 personne pour les couples sans enfant), 1 291 € pour les foyers "modestes non pauvres", 1 843 € pour les classes moyennes et 2 832 € pour les ménages aisés. Pour les pauvres, soit 13,5 % des ménages, le revenu "arbitrable" médian n'est que de 343 € en 2017, contre 770 € pour les "modestes non pauvres", 1 283 € pour les classes moyennes et 2 179 € pour les ménages aisés. Rappelons que le revenu médian signifie que la moitié de la population dispose de plus, l’autre moitié de moins.

« Les inégalités en termes de revenu arbitrable, c'est-à-dire en termes de budget disponible après paiement des dépenses pré-engagées, sont presque deux fois plus fortes que les inégalités en termes de niveau de vie », note l’étude.

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